Sur la côte sud-ouest de Maurice, où près de 278 opérateurs proposent quotidiennement des sorties en mer, une polémique persistante continue d’alimenter les débats. Si l’observation des cétacés fait largement consensus, la pratique de la nage avec les dauphins, en revanche, divise profondément.
Le sujet a récemment refait surface à l’Assemblée nationale. Interpellé par la députée Joanna Bérenger sur l’encadrement des activités liées aux dauphins, le mardi 13 avril, le ministre du Tourisme, Richard Duval, a choisi la prudence. Une décision sera arrêtée, a-t-il indiqué, à l’issue des consultations encore en cours — une formule qui satisfait peu les deux camps, mais qui traduit la complexité réelle d’un dossier où intérêts économiques et exigences environnementales peinent à se concilier.
D’un côté, des ONG comme Ecosud et Marine Megafauna Conservation Organisation militent pour une interdiction totale de la nage avec les dauphins. De l’autre, la Fédération des opérateurs de plaisance (FOPCO) défend le maintien de cette activité, tout en réclamant un assouplissement des règles actuelles. Entre ces deux positions opposées, les autorités peinent encore à trouver un compromis.
Le ministre a toutefois reconnu des manquements dans l’application des règlements actuels. Un nouveau cadre, plus strict, est déjà en préparation, mais sa mise en œuvre dépend des consultations en cours. Un consensus a néanmoins émergé lors d’une réunion tenue le 10 mars : la nécessité de renforcer les contrôles en mer. Une unité conjointe regroupant la National Coast Guard, la Tourism Authority et la Fisheries Division pourrait être mise en place pour surveiller les activités.
Cependant, la création de cette « Enforcement Squad » reste conditionnée aux ressources disponibles. Le ministère attend des propositions concrètes en matière de personnel, d’équipements et de technologies, comme l’utilisation de drones. Le financement, qui dépend du ministère des Finances, sera déterminant.
Au-delà de cette controverse, les scientifiques alertent sur la situation préoccupante des mammifères marins à Maurice. La population de cachalots résidents serait tombée à une vingtaine d’individus. Des cas de nage illégale avec des baleines ont également été signalés, révélant les limites du contrôle actuel. Face à ces enjeux, le ministre appelle à la prudence et à des décisions basées sur des données solides. Mais pour les défenseurs de l’environnement, chaque délai supplémentaire représente un risque accru pour des espèces déjà fragilisées.