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Yudhisen Mardaymootoo: Le 05/09/2026 à 11:58 | MAJ à 05/09/2026 à 11:59
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Publié : Le 05/09/2026 à 11:58 | MAJ à 05/09/2026 à 11:59

Une vague d'opérations militaires américaines fait trembler le Pacifique jeudi soir. En l'espace d'une semaine, l'armée des États-Unis a pulvérisé et fait couler trois embarcations au large de l'Équateur, soupçonnées de ravitailler le puissant gang local des Los Choneros. Si Washington assure avoir mis les équipages en sécurité avant de saborder les navires par les flammes, cette stratégie implacable — déployée dans le cadre de la campagne antidrogue de l'administration Trump — provoque une onde de choc humanitaire et terrorise les communautés côtières.

Dans le port de Manta, point névralgique d'où sont partis les bateaux ciblés, l'heure est à l'angoisse et à la colère. Des familles entières, sans nouvelles des leurs, battent le pavé près de la capitainerie. Les pêcheurs locaux rejettent en bloc l'étiquette de narcos que leur attribue le Pentagone. Nombreux sont ceux qui, tétanisés, préfèrent désormais laisser leurs filets au port, redoutant de croiser la route des commandos américains. Les récents naufrages réactivent les douloureux souvenirs des interventions de l'été dernier, entachées par des accusations de disparitions forcées brandies par des ONG.

Ce climat de paranoïa s'inscrit dans la guerre totale menée par le président équatorien Daniel Noboa, intégré à la coalition continentale du «Bouclier des Amériques». Pourtant, malgré cette militarisation agressive et l'appui de Washington, la violence ne faiblit pas. L'Équateur, carrefour incontournable pour acheminer la cocaïne handine vers les marchés mondiaux, conserve le triste record du taux d'homicides le plus élevé d'Amérique du Sud.