Le dossier des Chagos reste au cœur des tractations diplomatiques entre Maurice, le Royaume-Uni et les États-Unis. Malgré l’opposition réaffirmée du président américain Donald Trump à l’accord signé entre Port-Louis et Londres en mai 2025, le gouvernement britannique dit vouloir poursuivre les discussions afin de trouver une issue acceptable pour les différentes parties.
Le Conseil des ministres à Maurice a pris note de l’entretien téléphonique du 21 septembre entre le Premier ministre Navin Ramgoolam et son homologue britannique Andy Burnham. Londres a confirmé son intention de travailler avec Maurice et les États-Unis pour trouver une voie permettant notamment de garantir l’exploitation à long terme de la base militaire de Diego Garcia.
Le dossier s’est toutefois compliqué le lendemain. Lors de sa rencontre avec Andy Burnham, le 22 septembre à New York, Donald Trump a de nouveau critiqué l’accord sur les Chagos, qu’il a qualifié de « terrible », réaffirmant son opposition au dispositif négocié autour de l’archipel et de la base de Diego Garcia. Le Premier ministre britannique a, pour sa part, indiqué que son gouvernement chercherait une solution susceptible de satisfaire les différentes parties.
Port-Louis souligne de son côté que, selon sa position, la souveraineté mauricienne sur l’archipel n’est pas remise en cause. Le gouvernement se réfère notamment à l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) du 25 février 2019, ainsi qu’à la résolution 73/295 de l’Assemblée générale de l’ONU du 22 mai 2019. La CIJ avait alors estimé que le Royaume-Uni devait mettre fin à son administration de l’archipel « aussi rapidement que possible ».
Le gouvernement mauricien insiste également sur le fait qu’il n’a jamais remis en question le maintien de la base militaire de Diego Garcia. L’accord signé le 22 mai 2025 prévoit justement de garantir son fonctionnement sécurisé et à long terme.
Les discussions devraient se poursuivre prochainement à Londres. Lors de sa prochaine visite au Royaume-Uni, Navin Ramgoolam doit notamment rencontrer Jonathan Powell, conseiller à la sécurité nationale du Premier ministre britannique, pour faire le point sur les derniers développements du dossier Chagos.