Pour la Banque de Maurice, la transformation économique de l'Afrique passe aussi par une révolution des paiements transfrontaliers.
L'amélioration des paiements transfrontaliers constitue un levier essentiel pour renforcer la résilience économique et l'intégration régionale en Afrique. C'est le message central lancé par la Gouverneure de la Banque de Maurice, Dr Priscilla Muthoora Thakoor, à l'ouverture d'un atelier du Financial Stability Board consacré à cette question.
Selon elle, si les échanges de biens, de services et de capitaux sont souvent au cœur des discussions sur l'intégration africaine, les systèmes de paiement restent un maillon indispensable mais encore trop peu mis en avant. Des paiements plus rapides, moins coûteux et plus sûrs favoriseraient le commerce, l'investissement, l'inclusion financière et l'entrepreneuriat sur le continent.
La Gouverneure a toutefois rappelé que plusieurs obstacles demeurent. Les transferts d'argent entre pays africains transitent encore fréquemment par des banques situées hors du continent, ce qui augmente les coûts et ralentit les transactions. Elle a également souligné que l'Afrique reste la région la plus chère au monde pour les transferts de fonds, avec des frais dépassant en moyenne 8 % pour un envoi de 200 dollars américains.
La Banque de Maurice mise sur le développement d'infrastructures de paiement modernes et interopérables. Elle met notamment en avant les progrès réalisés avec le système MauCAS, son interconnexion avec la plateforme indienne UPI, ainsi que le rôle de Maurice comme banque de règlement du système régional REPSS du COMESA.
En conclusion, Dr Priscilla Muthoora Thakoor a estimé que des paiements transfrontaliers plus efficaces sont indispensables pour stimuler le commerce, soutenir l'investissement et renforcer la stabilité financière du continent africain.