Le Pakistan s’impose comme un médiateur inattendu dans la guerre opposant les États-Unis à l’Iran, misant sur ses liens stratégiques avec les deux parties et sa proximité géographique avec Téhéran.
Le chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, bénéficie notamment de la confiance du président américain Donald Trump, qui le considère comme un interlocuteur privilégié. Islamabad joue un rôle d’intermédiaire discret, transmettant des messages entre les deux camps et accueillant des responsables de pays musulmans.
Cette position s’explique aussi par ses intérêts directs : fortement dépendant du pétrole transitant par le détroit d’Ormuz, le Pakistan subit déjà les conséquences économiques du conflit, avec une hausse d’environ 20 % des prix des carburants et des mesures d’économie d’énergie.
Mais cette diplomatie d’équilibriste comporte de sérieux risques. Engagé dans des tensions avec l’Afghanistan et l’Inde, et lié par un pacte de défense avec l’Arabie saoudite, le Pakistan pourrait être entraîné dans une escalade régionale. Sur le plan intérieur, l’opinion publique, largement favorable à l’Iran, accentue la pression sur les autorités.
Au-delà des risques, Islamabad cherche aussi à renforcer son statut sur la scène internationale. En multipliant les gestes diplomatiques envers Washington et en capitalisant sur sa neutralité relative, le pays espère s’imposer comme un acteur clé de la désescalade.
Reste que les chances de succès demeurent faibles, tant la méfiance entre Américains et Iraniens est profonde. Pour le Pakistan, cette médiation apparaît ainsi comme un pari à la fois stratégique, risqué et potentiellement déterminant pour son influence mondiale.