L’intelligence artificielle (IA) s’impose progressivement comme l’un des nouveaux axes de développement économique à Maurice. Le Budget 2026/2027 a placé l’intelligence artificielle et la numérisation parmi ses priorités stratégiques. Formation, soutien à l’investissement ou encore développement d’un nouvel écosystème numérique : plusieurs mesures ont été annoncées pour accélérer cette transition.
Cette orientation se retrouve également dans l’Economic and Financial Measures Bill, qui prévoit notamment la mise en place d’un « AI City Scheme » sous l’égide de l’Economic Development Board (EDB). Le dispositif vise à attirer les entreprises technologiques et les fondateurs spécialisés dans l’IA, tout en favorisant les investissements dans l’intelligence artificielle, les infrastructures informatiques avancées et les technologies de pointe.
Mais entre les ambitions affichées et la réalité du terrain, toutes les petites et moyennes entreprises ont-elles réellement les moyens d’effectuer cette transition ?
Pour Stéphane Maurymoothoo, président du Regrupman Artizan Morisien, il faut d’abord tenir compte de la diversité des PME. Certaines regroupent des artisans et des travailleurs de métiers qui maîtrisent parfaitement leur savoir-faire, mais qui ne disposent pas nécessairement des mêmes connaissances ou facilités avec les outils numériques.
Ajay Beedassy, président de la SME Chamber, salue les initiatives autour de l’intelligence artificielle, tout en soulignant que leur adoption reste difficile pour des PME déjà confrontées à des coûts élevés, à un fort endettement et à une baisse des commandes.
Sur le volet fiscal, Ajay Beedassy estime que les incitations annoncées restent positives, mais qu’elles profiteront surtout aux entreprises ayant déjà les moyens d’investir, alors que les PME en difficulté ont davantage besoin d’un soutien financier renforcé.