C’est un cri d’alarme : Maurice fait face à une grave pénurie de kétamine et de xylazine, deux anesthésiants indispensables à la chirurgie vétérinaire. Ce duo de médicaments constitue le protocole standard permettant d’endormir les animaux, de détendre leurs muscles et de bloquer la douleur lors des interventions chirurgicales. Sans eux, il devient impossible d’opérer les grands animaux ou de mener des campagnes de stérilisation.
Si le ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell, suggère temporairement l’utilisation de kétamine destinée aux humains, le casse-tête persiste sur le terrain. En cause : les anesthésiants concernés ne sont pas enregistrés auprès de la Pharmacy Board et une fuite de ces stocks vers le marché noir, pour la fabrication de drogues synthétiques, est soupçonnée.
Cette crise logistique survient au pire moment, alors que l’île compte entre 246 000 et 300 000 chiens errants. Quelle est la réelle situation ?
Pour les humains, chaque dose de kétamine doit être associée à un patient précis, un protocole difficilement applicable aux animaux. Selon Waheeda Gopee, directrice par intérim des services pharmaceutiques au ministère de la Santé, le quota national autorisé de kétamine a déjà été dépassé, aggravant davantage la pénurie actuelle.
Waheeda Gopee évoque un possible marché noir pour expliquer cette rupture de stock inhabituelle. Elle souligne également la montée de la fabrication de drogues synthétiques au sein de la population mauricienne.
Pour faire face à cette pénurie, les autorités recherchent des solutions alternatives. Le Dr Swaley Abdoola, président du Veterinary Council, affirme que le principal fournisseur ne pourra répondre à la demande avant novembre. En attendant, le Veterinary Council tente de s’approvisionner auprès de fournisseurs australiens.
En attendant l’arrivée des flacons, chaque jour de pénurie complique la prise en charge des animaux blessés et aggrave une situation sanitaire déjà préoccupante sur l’île, souligne Abeenesh Mottay, ‘Animal Rescuer’.
Contactée, la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW) affirme que la situation est maîtrisée au niveau des campagnes de stérilisation, qui se poursuivent malgré la pénurie grâce à des protocoles d’entente conclus avec différentes filières.