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Yudhisen Mardaymootoo: Le 21/04/2026 à 11:44 | MAJ à 21/04/2026 à 11:47
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Publié : Le 21/04/2026 à 11:44 | MAJ à 21/04/2026 à 11:47
Par : Vanessa Mathews Saramandif

À Majunga, la matinée du 20 avril a été marquée par une scène devenue habituelle : des files interminables de tuk-tuk stationnés devant les pompes à essence, dans l’attente d’un carburant qui se fait rare. Dès 9 heures, beaucoup repartent bredouilles, contraints soit de patienter de nouveau, soit de se tourner vers un marché informel où les tarifs ont fortement augmenté.

Dans l’archipel de Nosy Be, la situation est tout aussi critique. Plusieurs bateaux assurant les liaisons inter-îles sont cloués à quai, faute d’approvisionnement suffisant. Un blocage qui pèse lourdement sur l’activité touristique locale, déjà fragilisée par un contexte international instable et une conjoncture économique tendue.

Les opérateurs du secteur expliquent cette crise par une flambée inattendue de la consommation en mars, estimée à environ 30 %. Cette hausse a déséquilibré les stocks d’essence sans plomb, obligeant les autorités à mettre en place un système de rationnement.

Un tanker arrivé le 13 avril avec plusieurs dizaines de millions de litres a permis un léger répit, notamment sur la côte est et dans la capitale. Mais la difficulté se déplace désormais vers la distribution, avec la nécessité d’acheminer le carburant vers les zones éloignées.

Les autorités annoncent cependant un renfort progressif de l’approvisionnement. Un navire de transport est actuellement en route vers Majunga et devrait arriver avant la fin de la semaine. Un second ravitaillement est prévu dans les prochains jours pour Diego Suarez puis Nosy Be.

Malgré ces efforts, les délais logistiques restent incompressibles. Le transvasement du carburant entre les différents navires prend du temps, tout comme sa redistribution terrestre. Pour accélérer le processus, des camions-citernes ont été envoyés depuis la capitale afin de soutenir les zones les plus touchées.

Cette pénurie a également entraîné une réaction en chaîne : de nombreux habitants stockent du carburant par précaution, ce qui accentue encore la pression sur les réserves disponibles. Les autorités mettent en garde contre ces pratiques, rappelant les risques liés à la manipulation de produits hautement inflammables.

Face à la situation, un état d’urgence énergétique a été décrété le 7 avril. Les autorités l’ont justifié par des tensions sur le marché international liées aux conflits en cours. Sa fin est annoncée pour le 22 avril, mais certains acteurs du secteur pétrolier estiment que la crise pourrait nécessiter des mesures prolongées.