Alors que le pays traverse l’une de ses périodes hivernales les plus sèches de ces dernières années, la capacité de production d’eau de la Central Water Authority (CWA) connaît une baisse inquiétante, conséquence directe du déficit pluviométrique.
En situation normale, la CWA produit quotidiennement 1 092 418 mètres cubes d’eau grâce aux eaux de surface et aux nappes phréatiques. Aujourd’hui, cette production est tombée à 897 648 mètres cubes par jour, soit une diminution d’environ 195 000 mètres cubes quotidiennement, représentant une baisse de près de 18 %.
Cette réduction traduit la pression grandissante exercée sur les ressources hydriques du pays. Selon les données de la station météorologique de Maurice, seulement 37 % des précipitations prévues pour la saison hivernale ont été enregistrées jusqu’ici, alors qu’environ 70 % étaient normalement attendues à cette période.
Les nappes phréatiques sont également durement touchées. Leur contribution à l’approvisionnement en eau a diminué de près de 25 % par rapport à la normale, révélant un affaiblissement progressif de ces réserves souterraines qui jouent habituellement un rôle essentiel en période de déficit.
Les perspectives restent préoccupantes. Si les pluies continuent de se faire rares, le réservoir de Mare aux Vacoas, principale réserve d’eau du pays, pourrait atteindre un niveau critique dès septembre. La Nicolière, qui dessert une importante partie du Nord, pourrait également connaître une situation alarmante au mois d’octobre.
Face à cette dégradation, la capacité de la CWA à maintenir un approvisionnement régulier dans plusieurs régions pourrait être fortement affectée. Le gouvernement envisage ainsi de renforcer les mesures de restriction afin de préserver les réserves disponibles jusqu’à l’arrivée des prochaines pluies.
Parmi les usages susceptibles d’être limités figurent notamment les stations de lavage de véhicules ainsi que l’utilisation des nettoyeurs à haute pression, considérés comme des consommations non prioritaires d’eau potable.
Alors que près de 200 000 mètres cubes d’eau de production disparaissent chaque jour par rapport à la normale, les autorités appellent à une utilisation responsable de cette ressource essentielle. Dans un contexte de sécheresse prolongée, chaque économie d’eau devient un enjeu majeur pour la sécurité hydrique du pays.