Une naissance sans vie est définie comme la naissance d’un enfant ne présentant aucun signe de vie après au moins 28 semaines complètes de grossesse. Cette épreuve peut avoir de lourdes conséquences physiques, émotionnelles et psychologiques pour la mère ainsi que pour l’ensemble de la famille.
Selon les données de Statistics Mauritius, le nombre de cas a diminué au cours des dernières années, passant de 141 en 2020 à un chiffre provisoire de 105 en 2025. Sur la base des données enregistrées entre janvier et avril, environ 97 cas pourraient être recensés en 2026, si la tendance observée se maintient.
La naissance d’un enfant mort-né peut être liée à plusieurs facteurs concernant la santé de la mère, le développement du fœtus ou le fonctionnement du placenta.
L’hypertension, le diabète, certaines infections, l’obésité et les maladies chroniques figurent parmi les facteurs de risque maternels. Des anomalies fœtales, un retard de croissance, une infection, une insuffisance placentaire, un décollement du placenta ou des complications du cordon ombilical peuvent également être en cause.
Malgré les examens médicaux réalisés, l’origine de la naissance sans vie demeure toutefois inexpliquée dans une partie des cas.
L’accompagnement des familles confrontées à une perte de grossesse est intégré à la politique nationale de santé sexuelle et reproductive de 2022 ainsi qu’à son plan de mise en œuvre couvrant la période 2022-2027.
Après une naissance sans vie, la mère bénéficie d’une prise en charge médicale comprenant l’accouchement, les soins postnataux et, lorsque cela est nécessaire, des examens visant à identifier les causes probables du décès.
Les équipes médicales et les sages-femmes assurent également un soutien émotionnel. Les femmes et les familles peuvent être dirigées vers des psychologues, des psychiatres ou des travailleurs sociaux médicaux lorsqu’un accompagnement spécialisé est nécessaire.
Des visites à domicile peuvent aussi être effectuées par des sages-femmes et des professionnels de santé communautaire afin de poursuivre le suivi, les conseils et le soutien après le retour à la maison.
Une attention particulière est accordée aux femmes présentant un deuil prolongé, une dépression, de l’anxiété, un stress post-traumatique, des idées suicidaires ou des difficultés émotionnelles lors d’une grossesse ultérieure.
Les femmes ayant donné naissance à un enfant mort-né ont par ailleurs droit au même congé de maternité légal que les mères d’enfants nés vivants. Cette disposition doit leur permettre de se rétablir physiquement et de disposer du temps nécessaire pour traverser cette période de deuil.
Les autorités sanitaires étudient également l’introduction d’un programme de surveillance et d’analyse des décès maternels et périnataux. L’objectif est d’examiner systématiquement chaque décès, y compris les naissances sans vie, afin d’identifier les facteurs qui auraient pu être évités et d’améliorer la qualité des soins.
La prévention demeure au cœur de la stratégie nationale, notamment à travers le suivi prénatal, les analyses médicales, les échographies, le dépistage des maladies maternelles et la surveillance renforcée des grossesses à risque.