Lors d’un discours marqué par une forte charge émotionnelle, le leader du Mouvement Militant Mauricien (MMM), Paul Bérenger, est revenu en détail sur les événements ayant conduit à sa démission du poste de Deputy Prime Minister, tout en esquissant les différentes options qui s’offrent désormais à lui et à ses partisans.
Elles sont 4 options, soit : rester au gouvernement comme tendance minoritaire, en tant que backbenchers ; se tourner vers l’assemblée des délégués du MMM, malgré une liste jugée non-actualisée ; envisager un recours devant la Cour suprême, une voie toutefois perçue comme difficile ; ou encore créer un nouveau MMM en vue des prochaines élections générales.
Revenant en arrière, le leader des Mauves a rappelé que, dès mercredi dernier, une majorité du comité central était favorable à un maintien au gouvernement. « Li humain ki nou reste dan gouvernement », a-t-il souligné, évoquant les sacrifices consentis par les militants du MMM depuis plus de 20 ans.
Au Plaza ce samedi, les supporteurs de Paul Bérenger étaient bel et bien présents pour écouter le leader des Mauves. Paul Bérenger affirme ne pas avoir été convaincu par les explications du Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, concernant sa démission en tant que numéro 2 du gouvernement. « Mo pa kouchou kou. Sa demanti-la pa ti convaincant ditou », a-t-il déclaré, insistant sur le manque de clarté et de crédibilité de cette démarche.
Paul Bérenger n’a pas mâché ses mots envers le président du MMM.
Malgré les divergences, le leader du MMM a tenu à préciser qu’il n’éprouve « aucun sentiment » contre les membres du comité central, rappelant qu’une réunion avait été fixée au lundi 23 mars au bureau politique pour discuter de la situation.
Paul Bérenger a également dénoncé ce qu’il qualifie de dérives au sein du gouvernement, évoquant un « gang des 25 », des pratiques de corruption et des nominations controversées qui, selon lui, contribuent à affaiblir le pays. Il a notamment pointé du doigt la gestion d’Air Mauritius, affirmant avoir été induit en erreur malgré des engagements pris au Conseil des ministres.
Le leader des Mauves a aussi abordé le dossier du partenariat avec Qatar Airways, estimant que des opportunités importantes ont été gâchées, au détriment de l’économie nationale. « Nou pays pe soufer », a-t-il lancé. Sur le plan sécuritaire, il a dénoncé la situation dans les prisons, notamment à Melrose, qu’il décrit comme un lieu où la circulation de la drogue serait facilitée. Il a toutefois salué le travail du nouveau responsable de l’ADSU, tout en reconnaissant la difficulté de sa mission.
Concernant la réforme électorale, un combat de longue date du MMM, Paul Bérenger a exprimé sa frustration. Après une année d’efforts, il estime ne plus pouvoir continuer dans ces conditions. Malgré tout, il affirme ne nourrir « aucun regret », tout en mettant en garde contre une course politique entre le Parti Travailliste (PTr) et le Mouvement Socialiste Militant (MSM) qui, selon lui, pourrait nuire davantage au pays.
Pour l’heure, aucune décision définitive n’a été prise. « Nou pou dialogué zordi », a-t-il indiqué, précisant que plusieurs options sont envisagées.
Paul Bérenger n’esquive pas la question d’une éventuelle élection partielle dans la circonscription No 19 (Stanley/Rose-Hill). Ce discours marque un tournant important pour le MMM, alors que l’avenir du parti semble plus incertain que jamais.