Silence sur son interrogatoire, mais offensive politique sur plusieurs fronts. Après son passage au CCID ce jeudi 17 septembre dans le cadre de l’enquête sur l’acquisition présumée d’équipements d’écoute et d’interception des communications sous son mandat, Pravind Jugnauth s’est exprimé sur la bande sonore liée à l’affaire Mamy Ravatomanga, les accusations de Navin Ramgoolam contre le MSM et la future National Crime Agency (NCA).
À sa sortie du CCID, hier, Me Raouf Gulbul n’a livré aucun détail sur les questions posées à son client. L’avocat a invoqué les dispositions de la Cybersecurity and Cybercrime Act 2021 relatives à la confidentialité de l’enquête. Il a toutefois indiqué que l’exercice s’était bien déroulé et que Pravind Jugnauth restait à la disposition des enquêteurs.
L’ancien Premier ministre est ensuite revenu sur l’enregistrement diffusé lors du congrès du MSM à Grand-Bois le 11 septembre, dans lequel des montants de Rs 300 millions et Rs 50 millions sont évoqués dans le contexte de l’affaire Ravatomanga. Son authenticité fait actuellement l’objet de vérifications par la FCC.
Pravind Jugnauth établit une différence avec les enregistrements des « Moustass Leaks ». Il met notamment en avant l’existence, dans le dossier Ravatomanga, d’un affidavit et d’éléments remis à la FCC par Nasser Bheeky.
Navin Ramgoolam avait, de son côté, comparé certaines pratiques attribuées au MSM à des méthodes de « mafia ». Pravind Jugnauth a répliqué : « Li pe dan panik..Attendons voir. »
Enfin, le leader du MSM s’en est pris à la future National Crime Agency (NCA), qu’il a ironiquement qualifiée de « Navin Chandra Agency ». Il affirme avoir relevé dans les projets de loi des dispositions « très, très graves » et « extrêmement dangereuses ».
De son côté, le gouvernement présente la NCA, qui fait l’objet de neuf projets de loi, comme la future agence principale chargée des crimes financiers, de la cybercriminalité et du crime organisé.