António José Seguro, socialiste modéré, a remporté dimanche 8 février le second tour de la présidentielle portugaise, infligeant une large défaite à l’extrême droite représentée par André Ventura, selon des projections des chaînes nationales basées sur les sondages à la sortie des urnes.
Avec près de 95 % des bulletins dépouillés, Seguro recueillerait 66 % des voix, contre 34 % pour Ventura, député et président de Chega (« Assez »), devenu la première force d’opposition depuis les législatives de mai 2025. L’ancien secrétaire général du Parti socialiste (2011-2014) devrait prendre ses fonctions le 9 mars, succédant au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, en poste depuis dix ans.
Emmanuel Macron a félicité le vainqueur, en français et en portugais, soulignant sa volonté de renforcer les relations entre la France et le Portugal conformément au Traité d’amitié signé à Porto.
Alors que Ventura proposait une « rupture » avec les partis traditionnels au pouvoir, Seguro a adopté un ton rassembleur, avertissant des risques pour le pays en cas de victoire de l’extrême droite. Après avoir été absent de la scène politique pendant une décennie, Seguro avait remporté le premier tour avec 31,1 % des suffrages et bénéficié depuis du soutien de personnalités politiques issues de différents bords, à l’exception du Premier ministre Luís Montenegro, qui n’a donné aucune consigne de vote.
Pour Ventura, l’objectif était de renforcer sa base électorale et de s’imposer comme leader de la droite portugaise, selon le politologue José Santana Pereira.
Si la fonction présidentielle est surtout symbolique, le président joue un rôle clé en période de crise et peut dissoudre le Parlement pour provoquer des élections anticipées. Dans un contexte de gouvernement minoritaire, Seguro devrait rester un acteur central de la vie politique portugaise, souligne Bruno Ferreira da Costa, politologue à l’Université de Beira Interior.
La campagne a été perturbée par des tempêtes meurtrières ayant touché le pays ces dernières semaines, entraînant le report du vote dans une vingtaine de circonscriptions parmi les plus touchées.