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Keshinee: Le 06/05/2026 à 08:08 | MAJ à 06/05/2026 à 08:11
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Publié : Le 06/05/2026 à 08:08 | MAJ à 06/05/2026 à 08:11
Par : La Redaction

Un nouveau décès survenu à la prison de Beau-Bassin soulève de sérieuses interrogations sur les conditions de détention et la sécurité au sein du plus grand établissement carcéral du pays.

Dyan Sawmy, âgé de 32 ans et incarcéré depuis le 20 avril dans une affaire de stupéfiants, est décédé le mardi 5 mai après avoir été transféré à l’hôpital Jawaharlal Nehru. Selon la version initiale de l’administration pénitentiaire, le détenu s’était plaint d’un malaise dans la cour de la prison avant d’être pris en charge à l’infirmerie puis transporté d’urgence à l’hôpital, où son décès a été constaté.

Mais les conclusions de l’autopsie ont profondément modifié la nature de l’affaire. L’examen médico-légal pratiqué par les docteurs Gungadin et Seewoorrutun a révélé une fracture du crâne ainsi qu’un hématome extradural, des blessures incompatibles avec une mort naturelle. Les médecins légistes estiment également que les coups auraient été portés plus de 24 heures avant le décès.

Face à ces éléments, la thèse d’un acte criminel est désormais privilégiée et la Major Crimes Investigation Team devrait être appelée à poursuivre les investigations afin de déterminer les circonstances exactes du drame et d’identifier les éventuels responsables.

Cette affaire ravive le souvenir d’un autre décès controversé survenu à la prison de Beau-Bassin. Dans la nuit du 7 au 8 septembre 2024, John Mick Martingale avait été retrouvé sans vie dans sa cellule. L’affaire avait d’abord été présentée comme un suicide par pendaison. Toutefois, une contre-autopsie réalisée par un médecin légiste sud-africain avait remis en question cette version, évoquant une possible asphyxie par compression du cou.

L’enquête judiciaire ouverte après ce décès avait également mis en lumière plusieurs zones d’ombre, notamment une fouille effectuée dans la cellule du détenu quelques heures avant sa mort, des témoignages contradictoires entre gardiens et détenus, ainsi que des interrogations autour du système de vidéosurveillance et du déroulement des événements cette nuit-là.

Avec ces deux décès survenus dans des circonstances troublantes, la prison de Beau-Bassin se retrouve une nouvelle fois sous les projecteurs. Ces affaires relancent le débat sur la sécurité en milieu carcéral, les conditions de détention et les mécanismes de contrôle au sein des établissements pénitentiaires mauriciens.