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Sahil Jeemon: Le 18/02/2026 à 13:26 | MAJ à 18/02/2026 à 13:28
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Publié : Le 18/02/2026 à 13:26 | MAJ à 18/02/2026 à 13:28
Par : Vanessa Mathews Saramandif

Un procès historique s’est ouvert mardi 17 février en Pologne : celui de l’évêque Andrzej Jez, accusé d’avoir dissimulé des actes de pédophilie commis par d’autres prêtres de son diocèse. Jamais auparavant un responsable religieux n’avait été poursuivi pour de tels faits dans le pays, ce qui marque un tournant dans la lutte contre les abus au sein de l’Église polonaise.

L’évêque risque jusqu’à trois ans de prison pour ne pas avoir signalé, ou pour avoir retardé la dénonciation, des violences sexuelles. Les autorités présentent ce procès comme une étape majeure après des décennies de tolérance et de proximité entre institutions religieuses et État. Le diocèse contesté réfute ces accusations. Selon Ryszard Bozek, porte-parole, l’évêque « se sent innocent » et aurait rempli toutes ses obligations légales, les cas ayant été signalés à sa demande.

Les faits remontent à plusieurs années : depuis le début des années 2000, une centaine de jeunes garçons auraient été victimes d’abus sexuels de la part d’un ancien pasteur et d’un prêtre, dont l’évêque aurait été informé. Depuis 2017, la législation polonaise prévoit explicitement des peines pour tout responsable religieux couvrant de tels crimes, sans exception pour le clergé, rappelle le père Piotr Studnicki, responsable du bureau de protection de l’enfance de la Conférence des évêques de Pologne.

Pour l’heure, les auteurs présumés des abus ne sont pas poursuivis, en raison de leur état de santé ou de la prescription des faits. Ce procès est toutefois perçu comme un signal fort de la volonté des autorités polonaises de tenir la hiérarchie ecclésiastique pour responsable des violences sexuelles commises au sein de l’Église.