Le Tribunal de l’Environnement est saisi d’un recours contre le projet de « movable holiday bungalow resort » envisagé par Paddock Investment Ltd sur un terrain de l’État à Palmar. Le 4 mai 2026, l’ONG Eco-Sud, accompagnée de six habitants de la région de Trou-d’Eau-Douce–Palmar, a officiellement contesté le permis EIA (Environmental Impact Assessment) délivré par le ministère de l’Environnement pour ce développement touristique prévu sur 33 arpents de State Land, en bordure de la route côtière, face à la plage publique de Palmar.
Cette contestation intervient dans un contexte de forte mobilisation citoyenne. En février dernier, plus de 80 résidents de la région avaient déjà soumis des objections et commentaires au sujet de ce projet controversé.
Selon le rapport EIA du promoteur, le complexe comprendra 266 bungalows préfabriqués importés, d’une superficie de 80 m² chacun. Ces unités, présentées comme des “bungalows mobiles”, seront installées sur des parcelles de 180 m² et pourraient être dotées de mini-piscines en option. Le projet prévoit également plusieurs infrastructures permanentes, dont trois restaurants, un spa wellness centre ainsi que diverses autres facilités touristiques.
Le site concerné se trouve à environ 105 mètres du lagon de Palmar, au cœur des State Land Reserves, une zone considérée comme écologiquement sensible en raison de la présence de vastes étendues de wetlands.
Dans leur recours, Eco-Sud et les autres contestataires avancent 23 motifs d’appel pour demander l’annulation du permis EIA. Parmi les principaux arguments soulevés figurent la non-conformité du projet avec la National Development Strategy 2025, l’absence d’autorisation préalable du National Ramsar Committee, ainsi que le défaut d’une évaluation environnementale stratégique malgré l’ampleur du projet et sa localisation sensible dans le cadre du master plan gouvernemental pour Palmar.
Les requérants dénoncent également des manquements aux planning guidelines, notamment concernant le nombre insuffisant de places de stationnement prévues pour un projet de cette envergure.
Eco-Sud estime par ailleurs que le rapport EIA du promoteur ne prend pas adéquatement en compte les impacts environnementaux, sociaux, économiques et culturels du développement envisagé. Les inquiétudes portent notamment sur les conséquences possibles pour les wetlands, le lagon de Palmar, les ressources en eau et les effets liés au changement climatique.