L’ONG Eco-Sud a saisi l’Environment Tribunal pour contester la licence d’Environmental Impact Assessment (EIA) délivrée en octobre 2024 par le ministère de l’Environnement à Le Bouchon Development Company Ltd. Cette autorisation concerne un projet de construction d’un hôtel de luxe de 200 chambres à Le Bouchon, présenté comme la première étape d’un vaste développement de type Smart City dans la région.
Les audiences, au cours desquelles des témoins seront appelés à déposer, sont programmées les 4 et 24 février, ainsi qu’à plusieurs dates en mars 2026. Ce dossier revêt une portée particulière, puisqu’il s’agit de la première contestation d’une licence EIA examinée par l’Environment Tribunal depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle législation, l’Environment Act 2024, appliquée depuis le 1er août 2024.
Dans sa requête, Eco-Sud avance douze arguments à l’appui de sa contestation. L’ONG fait notamment état d’une violation anticipée des conditions de la licence EIA, le promoteur ayant indiqué qu’il ne prévoit pas l’installation d’une usine de dessalement, pourtant exigée par l’autorisation délivrée. Or, la mise en place d’une telle infrastructure requiert elle-même une licence EIA, conformément aux dispositions légales.
Parmi les autres griefs soulevés figurent l’absence de documents et d’informations obligatoires dans la demande du promoteur, le défaut d’identification des zones écologiquement sensibles à proximité du site, ainsi que des évaluations jugées partielles ou inexactes en matière d’approvisionnement en eau.
Eco-Sud pointe également une évaluation jugée insuffisante de l’impact du projet sur la Grand Port Fishing Reserve, zone B, de même que l’absence d’analyse des effets potentiels du changement climatique sur le développement projeté.