Alors que des images d'un Dobermann amaigri et enchaîné continuent de circuler sur la toile, la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW) assure avoir agi dans les règles. Une version que contestent plusieurs défenseurs des animaux, qui réclament davantage de fermeté et de transparence.
Selon la MSAW, une inspection a bien été menée au domicile du propriétaire, rappelé à ses obligations en vertu de l'Animal Welfare Act 2013 le 10 juillet dernier. Un Notice to Comply lui a été signifié afin qu'il fasse examiner l'animal par un vétérinaire — obligation à laquelle il se serait plié le jour même, selon l'organisme.
La MSAW indique que le chien a depuis été déplacé vers un autre lieu pour bénéficier de meilleures conditions, et que deux inspections successives, les 16 et 17 juillet, auraient confirmé une nette amélioration : espace intérieur adapté, absence de chaîne, soins vétérinaires attestés par factures.
L'organisme insiste : « la vidéo actuellement en circulation ne reflète plus les conditions actuelles dans lesquelles se trouve le chien », et promet des « inspections régulières ». La MSAW va plus loin, menaçant de poursuites judiciaires quiconque diffuserait « sciemment des informations fausses, trompeuses ou diffamatoires » à son encontre.
Mais l'affaire est loin d'être terminée. Un animal rescuer s'étant rendu sur les lieux le 16 juillet affirme avoir trouvé le chien dans les mêmes conditions que sur la vidéo : enchaîné, squelettique. C'est lui qui aurait filmé l'animal, à 8h45 ce jour-là. Pour lui, le protocole n'a clairement pas été suivi : le chien aurait dû être retiré de son propriétaire dès la deuxième visite de la MSAW — ce qui n'a pas été fait. Ce n'est, selon lui, qu'après que la vidéo a commencé à circuler massivement sur les réseaux sociaux que des mesures ont été prises : la varangue a été aménagée avec quelques feuilles de tôle, et le chien déplacé.
L'animal rescuer insiste sur le fait qu'un Dobermann, chien de grande taille, ne peut vivre dans de telles conditions et nécessite un espace adapté à son gabarit. Il estime que des zones d'ombre subsistent dans cette affaire et souhaite que la MSAW communique désormais des mises à jour régulières sur l'état du chien.
Selon des témoignages recueillis auprès du voisinage, le chien aurait vécu enchaîné sur cette terrasse depuis son plus jeune âge. Ses aboiements incessants au début auraient progressivement cessé après plusieurs plaintes du voisinage. « C'est un chien résigné à son sort », soulignent-ils.
Cette version ne suffit pas à apaiser les critiques. Depuis plusieurs années déjà, associations et militants dénoncent un manque de moyens, des interventions jugées tardives et une application jugée peu dissuasive de la loi. Pour ces voix, un Notice to Comply peut constituer une première étape, mais ne répond pas toujours à la gravité de certaines situations. Elles rappellent aussi que le bien-être animal ne se résume pas à des soins vétérinaires après coup : il suppose des conditions de vie adaptées, une alimentation suffisante et une surveillance constante.
De son côté, la MSAW dit privilégier l'accompagnement, tout en promettant des poursuites en cas de récidive. Pour les défenseurs des animaux, l'affaire du Dobermann restera surtout le symbole d'un système qu'il faut muscler.
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