Face à l’intensification des pressions sur les écosystèmes marins, Maurice se trouve à un moment charnière de son développement. Le rapport des dialogues consultatifs des Assises de l’Océan 2025, validé en avril 2026, met en évidence un double enjeu : des défis environnementaux majeurs, mais aussi des opportunités économiques importantes.
L’océan s’impose ainsi comme un levier stratégique de résilience et de croissance. Issu de consultations menées entre octobre 2025 et mars 2026, le document rassemble les contributions d’acteurs publics, privés, académiques et de la société civile, et propose une vision ambitieuse fondée sur une gouvernance renforcée, le développement du capital humain et des mécanismes de financement innovants.
Sur le plan environnemental, l’urgence est manifeste. Le changement climatique, la montée du niveau de la mer, l’acidification des océans et la perte de biodiversité menacent directement les écosystèmes marins et les moyens de subsistance des populations côtières. Pour y répondre, le rapport préconise la restauration des écosystèmes, le renforcement des aires marines protégées, l’intégration de solutions fondées sur la nature comme le « blue carbon », ainsi qu’une approche intégrée « de la montagne au récif » (ridge-to-reef). Toutefois, des lacunes subsistent en matière de données scientifiques, de surveillance et d’application des réglementations, rendant indispensable le renforcement des contrôles, notamment contre la pêche illégale.
Le capital humain constitue un autre pilier central. L’économie bleue offre un fort potentiel d’emplois dans des secteurs variés tels que la pêche, le tourisme, les énergies renouvelables et la biotechnologie marine. Cependant, un décalage persiste entre les compétences disponibles et les besoins du marché. Le rapport recommande de renforcer les formations techniques (TVET), d’introduire des stages obligatoires et de structurer des parcours professionnels, afin de former une main-d’œuvre qualifiée.
Par ailleurs, la transition vers un tourisme durable est jugée essentielle, avec un accent sur l’écotourisme, la certification environnementale et la diversification des activités. L’innovation, notamment via les technologies numériques, l’intelligence artificielle et les biotechnologies marines, est également identifiée comme un levier clé, tout comme le développement des énergies marines renouvelables.
Enfin, la modernisation des infrastructures portuaires, la gestion durable de la pêche et le développement de l’aquaculture sont prioritaires. Le succès de cette transformation repose sur une meilleure coordination institutionnelle et sur des financements innovants, tels que les obligations bleues et les partenariats public-privé. Maurice peut ainsi devenir un leader régional, à condition de traduire ces orientations en actions concrètes.