Ce qui devait être un ultime hommage à Ras Natty Baby s’est transformé en un dossier explosif, où s’entrecroisent accusations, démentis et interrogations sur la gestion de son transfert médical et de son rapatriement depuis l’Inde, ravivant un débat sensible sur les responsabilités institutionnelles à Maurice.
Le ministère de la Santé invoque un refus de paiement et intervient. Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook le mardi 28 avril, le ministre de la Santé, Anil Bachoo, a annoncé que le gouvernement prendra en charge l’ensemble des frais médicaux engagés à l’étranger ainsi que les démarches de rapatriement. Selon le ministère, cette décision intervient après le refus de l’organisation ayant facilité le transfert de l’artiste de régler la facture hospitalière, malgré des fonds collectés auprès du public. Une situation jugée bloquante par les autorités, qui affirment avoir dû intervenir afin de « traiter rapidement le dossier dans l’intérêt de la famille ».
Le ministère est également revenu sur le parcours médical du défunt, indiquant que Ras Natty Baby avait initialement été admis à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo, où un transfert avait été envisagé uniquement après stabilisation de son état. Le déplacement vers l’Inde aurait toutefois été effectué en dehors des procédures institutionnelles habituelles, via une organisation tierce.
L’OMCA Foundation conteste fermement les accusations. Dans un communiqué publié en réponse, l’OMCA Foundation rejette catégoriquement les affirmations du ministère, notamment celle évoquant un refus de régler les frais hospitaliers. L’organisation affirme n’avoir « à aucun moment refusé » d’honorer les paiements et indique disposer d’une garantie de prise en charge (GOP) mise en place dès l’arrivée du patient en Inde. Elle soutient également avoir assuré un suivi continu du dossier, tant sur le plan médical qu’administratif.
L'OMCA Foundation précise par ailleurs que le rapatriement du corps avait déjà été organisé et devait intervenir ce jeudi, indépendamment de toute autre intervention officielle. Selon l’organisation, l’ensemble des formalités nécessaires ont été complétées en Inde, incluant les autorisations policières, les documents consulaires, l’approbation du Haut-Commissariat, le permis d’atterrissage, ainsi que les certificats médicaux et de décès.
Concernant les aspects financiers, l'OMCA indique que la collecte de fonds a atteint 105 078,88 roupies mauriciennes, un montant jugé insuffisant pour couvrir l’ensemble des frais médicaux engagés. Elle soutient néanmoins avoir poursuivi les démarches malgré ces contraintes. L’organisation affirme également n’avoir reçu aucune communication officielle du ministère dans ce dossier et estime que l’annonce publique de l’intervention gouvernementale a été faite sans concertation préalable. L’OMCA se réserve par ailleurs le droit de saisir les autorités compétentes afin de faire toute la lumière sur cette affaire.
Un climat de tensions autour d’un dossier sensible. Entre accusations de mauvaise coordination, divergences sur la gestion des fonds collectés et échanges de responsabilités, le dossier du rapatriement de Ras Natty Baby met en lumière des tensions institutionnelles autour de la prise en charge de patients à l’étranger. En attendant d’éventuelles clarifications officielles, l’émotion reste vive autour de la disparition de l’artiste, figure connue du paysage culturel mauricien, dont les derniers adieux s’annoncent sous le signe du recueillement, mais aussi de la controverse.