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Fab: Le 02/08/2026 à 16:02 | MAJ à 02/08/2026 à 16:09
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Publié : Le 02/08/2026 à 16:02 | MAJ à 02/08/2026 à 16:09
Par : Dooshina Appigadu

La contestation contre la réforme de la Basic Retirement Pension a ouvert une brèche dans le discours gouvernemental et replacé la retraite au centre du débat national. C’est ce qu’affirme Clency Bibi, président de la General Workers Federation, qui estime que cette mobilisation constitue un tournant majeur sur les plans social et politique.

Pour la General Workers Federation (GWF) et la CSG Solidarité, la mobilisation contre la réforme de la Basic Retirement Pension (BRP) va bien au-delà du nombre de manifestants. Elle aurait surtout permis de sensibiliser une large partie de la population aux conséquences de cette mesure.

Clency Bibi rappelle que cette réforme ne concerne pas seulement les retraités actuels. Elle touche également les travailleurs, les jeunes et les générations futures. Selon lui, la Plateforme syndicale est parvenue à fédérer différentes forces autour d’un objectif commun : défendre un pilier de l’État providence mauricien.

Les députés placés devant leurs responsabilités

Le dirigeant syndical insiste également sur la portée politique de cette mobilisation. La demande d’une division of vote, ensuite relayée par l’opposition au Parlement, a contraint chaque député à assumer publiquement sa position.

« Il n’était plus possible de critiquer le matin et de lever la main le soir », lance Clency Bibi. Selon lui, ce vote a placé les élus, particulièrement ceux de la majorité, face à un choix entre leurs convictions, leur conscience et la discipline de parti.

Il estime qu’une réforme touchant directement à la dignité des personnes âgées ne saurait être considérée comme un simple vote partisan. « Elle engage une responsabilité morale devant le pays », soutient-il.

La position de Sydney Pierre saluée

La GWF-CSG Solidarité salue par ailleurs « le courage et la détermination » de Sydney Pierre. Pour Clency Bibi, celui-ci est resté fidèle aux valeurs historiques du Parti travailliste, fondé sur la défense des travailleurs, de la justice sociale et des plus vulnérables.

Son positionnement démontrerait, selon le syndicaliste, que l’engagement politique doit reposer sur la cohérence, les convictions et le respect de la parole donnée.

« La société mauricienne n’est pas résignée »

Clency Bibi considère que le principal enseignement de cette mobilisation réside dans la capacité des citoyens et des syndicats à infléchir le rapport de force.

« Lorsque les citoyens sont correctement informés et que les organisations syndicales assument pleinement leur rôle, il est possible de faire vaciller les certitudes et d’obliger le pouvoir à se justifier », affirme-t-il.

Le président de la GWF prévient que la lutte est loin d’être terminée. Son organisation entend poursuivre la mobilisation aux côtés de la Plateforme syndicale afin de défendre la BRP, préserver l’État providence et protéger des droits sociaux acquis au terme de plusieurs décennies de luttes populaires et syndicales.

Dans une dernière charge contre le gouvernement, Clency Bibi fait référence à l’Évangile selon saint Marc — « Avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois » — pour accuser le pouvoir d’avoir renié, en moins de deux ans, son manifeste électoral, ses promesses et certains de ses propres élus. Il estime notamment que la position adoptée par Sydney Pierre lui aurait coûté sa fonction de Junior Minister.