La Confédération syndicale internationale (CSI), qui compte parmi ses membres des organisations syndicales de Maurice, a émis de sérieuses préoccupations concernant les amendements envisagés à la Public Gathering Act de 1991. Dans une lettre adressée au Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, l'organisation internationale estime que les modifications proposées constitueraient un « recul important » en matière de libertés civiles et de droits fondamentaux.
Selon la Confédération syndicale internationale (CSI), les amendements envisagés à la Public Gathering Act viseraient à renforcer les pouvoirs des forces de l'ordre dans la régulation des rassemblements publics, notamment pour mieux encadrer les manifestations jugées illégales.
Le projet prévoit également un durcissement des sanctions. L'amende maximale passerait de Rs 25 000 à Rs 100 000, tandis que la peine d'emprisonnement serait portée de quatre à cinq ans. Pour la CSI, ces mesures risquent d'instaurer un climat d'intimidation susceptible de décourager les citoyens et les travailleurs d'exercer leurs libertés de réunion, d'association et d'expression, pourtant garanties par les engagements internationaux de Maurice.
L'organisation rappelle que le gouvernement mauricien s'était engagé, en 2013, devant l'Organisation internationale du Travail (OIT), à réformer cette législation afin de la rendre conforme à la Convention n° 87 sur la liberté syndicale. Elle évoque également les recommandations du Comité de la liberté syndicale dans l'affaire n° 2616 (2007), qui invitait déjà Maurice à aligner sa législation sur les normes internationales. La CSI regrette que ces engagements n'aient toujours pas été concrétisés.
L'organisation invoque en outre l'article 11 de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, qui garantit la liberté de réunion, et rappelle que les normes africaines privilégient la facilitation des rassemblements pacifiques.
Estimant que ces amendements pourraient ternir l'image de Maurice comme démocratie respectueuse de l'État de droit, la CSI demande leur retrait et appelle le gouvernement à ouvrir un véritable dialogue avec les partenaires sociaux afin d'adopter une réforme conforme aux standards internationaux et respectueuse des droits fondamentaux des travailleurs.