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Keshinee: Le 15/04/2026 à 08:44 | MAJ à 15/04/2026 à 08:46
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Publié : Le 15/04/2026 à 08:44 | MAJ à 15/04/2026 à 08:46
Par : Dooshina Appigadu

À l’Assemblée nationale, la question du relèvement de l’âge d’éligibilité à la Basic Retirement Pension (BRP) a été au centre des débats ce mardi 14 avril 2026. Interpellé par la députée Joanna Bérenger, le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, a justifié cette réforme par la nécessité de redresser des finances publiques jugées préoccupantes et d’assurer la pérennité du système de pension.

Le chef du gouvernement a dressé un tableau alarmant de la situation économique héritée du précédent régime. Selon lui, la dette publique avoisinait 90 % du PIB, tandis que le déficit budgétaire atteignait 9,3 % au 30 juin 2025. Il a également rappelé que des institutions internationales comme le FMI et la Banque mondiale plaidaient depuis plusieurs années pour une réforme du système de pension.

Le coût de la BRP est particulièrement pointé du doigt. Celui-ci est passé de 1,9 % du PIB en 2010 à 7,8 % en 2024/2025. Dans le même temps, sa part dans les dépenses courantes de l’État a fortement augmenté, atteignant près d’un quart des dépenses publiques. Une évolution jugée « insoutenable » à long terme.

Face à cette pression budgétaire croissante, le gouvernement a décidé d’augmenter progressivement l’âge d’éligibilité à la pension de vieillesse, le faisant passer de 60 à 65 ans sur une période de cinq ans à partir du 1er septembre 2025.

Sans cette réforme, les dépenses liées à la BRP auraient pu atteindre Rs 100 milliards d’ici 2035, contre Rs 55,3 milliards en 2024/2025 — un montant déjà supérieur aux budgets combinés de secteurs clés comme la santé, l’éducation, le logement et la sécurité.

Conscient des impacts sociaux de cette décision, le gouvernement affirme avoir mis en place des mesures de soutien ciblées. Un comité interministériel a été chargé d’évaluer les effets de la réforme sur les groupes vulnérables.

Parmi les mesures annoncées figure un soutien financier destiné aux personnes ne remplissant plus les conditions d’éligibilité à la BRP. Ce dispositif s’adresse notamment aux individus dont les revenus mensuels n’excèdent pas Rs 10 000, ou Rs 20 000 pour un couple. Le montant de cette aide, fixé initialement à Rs 10 000 en septembre 2025, a été réajusté à Rs 10 370 en janvier 2026 pour compenser l’inflation.

Par ailleurs, les bénéficiaires de certaines allocations, notamment les pensions d’invalidité ou de veuve, continueront de percevoir leurs prestations après 60 ans, jusqu’à ce qu’ils puissent prétendre à la BRP.

Le Premier ministre a également annoncé la mise en place, en septembre 2025, d’une commission d’experts chargée de repenser l’ensemble du système de pension mauricien. Cette instance doit formuler des recommandations couvrant les trois piliers du dispositif, dont la pension de base.

Concernant les éventuelles nouvelles mesures dans le prochain budget, le chef du gouvernement est resté discret, indiquant qu’il ne pouvait en dévoiler le contenu à ce stade.