L’ancien vice-Premier ministre Paul Bérenger a vivement critiqué les amendements contenus dans le Finance Bill 2026 et l’Economic and Financial Measures (Miscellaneous Provisions) Bill 2026, dénonçant tant la méthode employée par le gouvernement que plusieurs dispositions touchant notamment au système des pensions.
Selon Paul Bérenger, les deux projets de loi, qui modifient 83 textes législatifs, ont été déposés et soumis au Parlement dans des délais trop courts, ne laissant pas suffisamment de temps pour des consultations approfondies avec les syndicats, les professionnels et les autres parties concernées. Il estime que cette absence de dialogue constitue une « provocation révoltante ».
S’agissant de la réforme des pensions, l’ancien vice-Premier ministre s’oppose au relèvement à 65 ans de l’âge donnant droit à une pension de vieillesse complète ainsi qu’au mécanisme prévoyant une réduction de 0,5 % par mois pour les personnes choisissant de prendre leur retraite entre 60 et 65 ans. Il souligne que cette réforme est rejetée par les syndicats et qu’elle devrait faire l’objet d’une large concertation nationale.
Paul Bérenger remet également en question le mécanisme d’indexation proposé dans le Finance Bill. Selon lui, le remplacement du terme may par shall ne garantit pas une indexation automatique des pensions sur le taux d’inflation, contrairement à ce qui avait été évoqué précédemment.
Il s’est aussi interrogé sur le manque de cohérence entourant la réforme institutionnelle du système des retraites. Alors que le Budget prévoyait la création d’une Independent Pensions Regulatory Authority, le Finance Bill évoque désormais la mise en place d’un comité de pilotage chargé de proposer cette nouvelle structure, sans préciser le devenir des organismes annoncés auparavant.
L’ancien vice-Premier ministre a également exprimé des réserves sur plusieurs amendements visant notamment le Bank of Mauritius Act, le Banking Act et le Waqf Act. En conclusion, Paul Bérenger a appelé le gouvernement à « remettre les pendules à zéro » et à engager un véritable dialogue avec les syndicats, les parties prenantes et l’ensemble de la population avant de poursuivre la réforme du système des pensions.