Lors d’une conférence-débat organisée le 26 janvier 2026 par l’Institut Cardinal Jean Margéot (ICJM) en partenariat avec l’ONG People's Voices Network, experts, professionnels et citoyens ont examiné les enjeux cruciaux de la réforme électorale à Maurice. L’objectif affiché était de réfléchir collectivement à un système plus juste, inclusif et représentatif, tout en tenant compte des spécificités locales, des minorités, de la diaspora, et du financement des partis politiques. Les discussions ont débouché sur des recommandations concrètes pour moderniser le système électoral et renforcer la démocratie locale.
Le Dr Jacques Jonathan Ravat, directeur de l’ICJM, a ouvert le débat sur le maintien de trois députés par circonscription et sur le Best Loser System, critiqué pour se baser sur le recensement de 1972 et exclure certaines minorités. La représentation de Rodrigues a été discutée, avec la suggestion d’un siège supplémentaire ou de représentation via le Chef Commissaire. Preetima Moheea, présidente de People's Voices Network, a souligné l’urgence d’une consultation nationale pour réformer le système électoral, et des échanges ont insisté sur une représentation proportionnelle et la limitation du pouvoir exécutif.
Jocelyn Chan Low a rappelé les dysfonctionnements du système First Past the Post (FPTP), qui favorise la stabilité mais exclut les petits partis et crée un décalage votes-sièges. Chandan Jankee, l’économiste et ancien ambassadeur, a plaidé pour une réforme constitutionnelle incluant plus de référendums, la nomination de non-élus compétents et un siège pour la diaspora. Hansraj Sharma Narain a proposé le vote électronique pour les Mauriciens à l’étranger et des sièges réservés à la diaspora pour renforcer la méritocratie.
Émilie Soogund, jeune féministe et politicienne, a insisté sur l’inclusion des femmes, des jeunes et des personnes handicapées, recommandant un quota de 40 % de femmes et davantage de référendums. Sur le financement des partis, Rabin Bhujun, consultant en communication et Media Trainer, a dénoncé les pratiques actuelles et proposé l’identité juridique obligatoire des partis, la tenue d’audits, des plafonds pour dons et dépenses, un contrôle renforcé du Commissaire électoral, un financement partiel par l’État et la diaspora, et l’interdiction des financements étrangers.
L’ICJM a formulé plusieurs recommandations : conserver trois députés par circonscription avec éventuellement un système à deux tours, redéfinir les circonscriptions périodiquement, réformer ou remplacer le Best Loser System, renforcer la démocratie locale avec budgets autonomes et une seconde chambre parlementaire, limiter les mandats du Premier ministre et des ministres, et encadrer strictement le financement des partis.