Aller au contenu principal
Accueil
Keshinee: Le 25/05/2026 à 09:08 | MAJ à 25/05/2026 à 09:15
Main picture
REPO
Publié : Le 25/05/2026 à 09:08 | MAJ à 25/05/2026 à 09:15
Par : Dooshina Appigadu

La Banque de Maurice a relevé son taux directeur à 4,75 % lors de la réunion de son Comité de politique monétaire tenue le 20 mai dernier. Une décision que l’économiste Ishvind Caleechurn qualifie de « très mal inspirée ».

Selon lui, cette hausse du Repo Rate intervient dans un contexte économique déjà préoccupant. « Comment peut-on, dans la même annonce, revoir à la baisse les prévisions de croissance économique de 3,1 % à 2,8 % et, parallèlement, augmenter le taux directeur de 4,5 % à 4,75 % ? », s’interroge-t-il.

L’économiste estime que Maurice traverse actuellement l’une de ses périodes de croissance les plus faibles depuis plus de 20 ans. Il rappelle qu’après la sévère contraction économique de -14,5 % enregistrée durant la Covid, le pays peine toujours à retrouver un rythme de croissance soutenu. « La dernière fois que Maurice a enregistré une croissance inférieure à 3 %, c’était en 2005, avec 1,78 %. Avant cela, il faut remonter à 2002, où la croissance s’établissait à 1,6 % », souligne-t-il.

Ishvind Caleechurn fait également remarquer que le Repo Rate n’avait pas dépassé les 4,5 % depuis 2013 et 2014, période durant laquelle il était fixé à 4,6 %.

Concernant l’inflation, l’économiste relativise les risques avancés par la Banque centrale. Selon lui, le pire scénario envisagé pour cette année serait une inflation avoisinant les 5,5 %. « Si l’inflation annuelle se situait entre 8 % et 10 %, une telle hausse du taux directeur pourrait se justifier. Mais ce n’est pas le cas aujourd’hui », affirme-t-il.

Ishvind Caleechurn s’interroge également sur le timing de cette décision, prise à la veille de la présentation du Budget national. « À moins que la Banque de Maurice ne s’attende déjà à un budget expansionniste, susceptible d’alimenter davantage l’inflation à travers une hausse des dépenses publiques », avance-t-il.

L’économiste prévient enfin que cette augmentation du taux directeur risque d’avoir des répercussions directes sur les ménages et les entreprises. Les prêts personnels, crédits automobiles, prêts immobiliers, les lignes de crédit ainsi que les financements destinés aux PME pourraient ainsi devenir plus coûteux dans les prochains mois, souligne Ishvind Caleechurn.