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Fab: Le 20/04/2026 à 10:02 | MAJ à 20/04/2026 à 10:03
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Publié : Le 20/04/2026 à 10:02 | MAJ à 20/04/2026 à 10:03

À l’issue d’une réunion du comité central tenue le samedi 18 avril, les dirigeants du Mouvement Militant Mauricien (MMM) ont exposé leurs décisions lors d’un point de presse. Le parti a annoncé une série de révocations touchant plusieurs de ses instances, dans un contexte de tensions internes.

Au total, quatorze des 54 conseillers municipaux affiliés au MMM — parmi lesquels figurent des maires élus lors des dernières municipales — ont été écartés des structures du parti. Par ailleurs, 16 membres du comité central, qui en compte 80, ainsi que cinq membres du bureau politique ont également été révoqués.

Ces révocations au MMM relancent désormais le débat sur le statut des élus. Le  constitutionnaliste Parvèz Dookhy rappelle qu’un conseiller municipal détient un mandat représentatif, issu du vote des citoyens. Toute sanction politique entraînant sa déchéance pourrait, selon lui, fragiliser les principes démocratiques.

Le président du MMM, Reza Uteem, a justifié ces mesures en évoquant un manque de discipline au sein du parti. Il a indiqué que 12 démissions des membres du comité central avaient été reçues, tandis que d’autres élus concernés n’auraient pas fait preuve de la « décence » attendue par la direction. Sur recommandation des comités régionaux, le comité central a donc entériné ces sanctions pour des comportements jugés contraires aux intérêts du parti. Une troisième motion, adoptée à l’unanimité, a scellé la révocation de cinq membres du bureau politique.

Ces décisions ont été rendues publiques par voie de presse. Les personnes révoquées devraient recevoir une notification officielle ce lundi 20 avril, après quoi elles détermineront les suites à donner.

Sur le plan juridique, ces développements pourraient ouvrir la voie à une contestation. Le constitutionnaliste Parvèz A. C. Dookhy estime que la législation mauricienne sur l’administration locale pourrait être portée devant la justice. Selon lui, un élu exerce un mandat au nom des électeurs et non de son parti. Il soutient que la possibilité pour une formation politique de provoquer la perte d’un siège par une simple décision interne remet en cause le principe du mandat représentatif, en le transformant en mandat impératif.

Pour le constitutionnaliste, contraindre un élu à rester fidèle à son parti sous peine de perdre son mandat porterait atteinte à la liberté d’association politique. Il considère également qu’une sanction aussi lourde pour une dissidence interne serait disproportionnée et contraire à la volonté populaire.

Parvèz A. C. Dookhy estime qu’un tel dispositif pourrait constituer une atteinte aux fondements de la démocratie représentative. « Le conseiller municipal est élu par les citoyens. Son mandat découle du suffrage universel, et non d’un engagement contractuel avec un parti », souligne-t-il. Permettre à une formation politique de provoquer sa déchéance reviendrait, selon lui, à priver les électeurs de leur choix et à transférer le pouvoir décisionnel à une structure privée.