Une équipe de trois scientifiques de la région de l’océan Indien a récemment mené une mission à Saint-Brandon, dans le cadre du projet Expédition Plastique océan Indien (ExPLOI), afin d’évaluer l’ampleur de la pollution plastique dans cet archipel isolé au nord-est de Maurice.
Au cœur de leurs travaux : la compréhension des flux de pollution plastique dans les lagons et sur les plages. Les chercheurs ont réalisé une cartographie des concentrations en microplastiques entre Maurice et l’archipel, afin d’identifier les zones les plus touchées et de retracer les sources de contamination.
Le projet ExPLOI s’inscrit dans une initiative régionale de lutte contre la pollution plastique portée par la Commission de l’océan Indien (COI) et financée par l’Agence française de développement (AFD) ainsi que le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM).
« Saint-Brandon, c’est l’océan Indien dans sa forme la plus pure. Pouvoir y mener des recherches sur la pollution plastique, c’est une opportunité scientifique rare… et une responsabilité », souligne Chettun Bhonul, chercheur à l’Université de Maurice.
Des prélèvements ont également été effectués dans les eaux lagunaires afin d’analyser la composition chimique des microplastiques et de mesurer leurs niveaux de concentration. L’équipe a aussi étudié les risques pathogènes liés à ces déchets, en comparant les plastiques flottants à ceux échoués sur les plages.
Pour Silvio Perrine, également chercheur à l’Université de Maurice, « comprendre ce qui menace cet écosystème, c’est aussi agir pour les communautés de pêcheurs qui en dépendent ».
Rahérimino Raketovao, de l’University of Toliara - IH.SM à Madagascar, met en avant la dimension régionale : « Cette expédition prouve que la science de l’océan Indien peut être portée par des chercheurs de la région, pour la région. »
Déployé sur cinq ans (2021–2026), ce programme vise à réduire la pollution plastique à Maurice, Madagascar, aux Comores, aux Seychelles et à La Réunion, à travers une approche combinant recherche scientifique, sensibilisation et renforcement des cadres réglementaires. Les résultats de cette expédition, qui s’est déroulée du 31 mars au 11 avril 2026, permettront aux chercheurs d’alimenter leurs travaux de doctorat et feront l’objet de publications dans des revues scientifiques.