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Yudhisen Mardaymootoo: Le 06/07/2026 à 12:45 | MAJ à 06/07/2026 à 13:42
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Publié : Le 06/07/2026 à 12:45 | MAJ à 06/07/2026 à 13:42

La Cour suprême a condamné, ce lundi 6 juillet 2026, Geoffrey Kurson Imbe et Jean Lucandro Prudence à sept ans de servitude pénale chacun, ainsi qu’à une amende de Rs 50 000, dans l’affaire de la saisie record de drogue effectuée en 2021 à Pointe aux Cannoniers.

Le jugement a été rendu par le juge M.S. Manrakhan, siégeant devant la division criminelle de la Cour suprême. L’affaire concerne la saisie de 219,009 grammes d’héroïne et 25,456.9 grammes de résine de cannabis, pour une valeur globale estimée à environ Rs 3,4 milliards. Les stupéfiants avaient été découverts sur un terrain situé près du Club Med Hotel, dissimulés dans des tranchées recouvertes de branches, de poudre de piment et d’écailles de poisson.

Geoffrey Kurson Imbe avait plaidé coupable d’avoir transporté la drogue, tandis que Jean Lucandro Prudence avait reconnu l’avoir aidé et encouragé dans cette opération. Les faits remontent au 29 avril 2021. À l’époque, Imbe était âgé de 24 ans et Prudence de 21 ans.

Dans son jugement, le juge Manrakhan relève que l’opération portait les marques d’une entreprise criminelle structurée. Les drogues avaient été transportées de Pereybère à Pointe aux Cannoniers dans le véhicule d’un policier, Joumont, au sein d’un convoi de quatre véhicules. Le magistrat décrit ce convoi comme un « colourable device », soit un stratagème destiné à masquer l’opération.

La Cour souligne toutefois que les deux accusés n’étaient pas les cerveaux de l’opération. Selon le jugement, les éléments du dossier pointent plutôt vers les frères Gurroby, notamment Nitiraj Gurroby, alias « Capitaine », comme les principaux architectes présumés du trafic. Le juge estime que les deux condamnés ont été utilisés comme des exécutants subalternes dans un réseau beaucoup plus vaste.

Un élément déterminant dans la décision de la Cour a été la coopération des deux accusés avec les autorités. En janvier 2026, depuis la prison, Geoffrey Kurson Imbe et Jean Lucandro Prudence ont donné de nouvelles dépositions détaillant leur implication personnelle ainsi que celle d’autres protagonistes. Ils ont confirmé ces déclarations devant la Cour et se sont engagés à témoigner contre les personnes qu’ils désignent comme les véritables organisateurs du trafic.

Le juge Manrakhan accorde un poids important à cette coopération, estimant qu’elle constitue une circonstance atténuante exceptionnelle. Il rappelle que les réseaux de drogue organisés ne tolèrent généralement pas les informateurs et que les deux hommes s’exposent ainsi, de même que leurs familles, à des risques sérieux. La poursuite elle-même a reconnu que leur témoignage pourrait désormais permettre d’avoir, selon les mots du Principal State Counsel K. Moorghen, « des yeux dans le convoi ».

La Cour a également pris en considération le profil personnel des deux accusés. Geoffrey Kurson Imbe est un primo-délinquant issu d’un milieu modeste. Jean Lucandro Prudence, lui, a connu une enfance marquée par l’instabilité, la négligence et les abus. Le juge note qu’il aurait été exploité par « Capitaine », qu’il considérait presque comme une figure paternelle.

Malgré la gravité exceptionnelle de l’affaire, le juge Manrakhan estime que ce dossier fait partie des cas où la coopération substantielle des accusés justifie une peine inférieure à celle qui aurait normalement été imposée pour une saisie d’une telle ampleur. Il précise toutefois que la peine devait rester suffisamment sévère pour refléter l’extrême gravité du transport d’une aussi grande quantité d’héroïne et de résine de cannabis.

Les deux hommes devront aussi payer Rs 1 000 de frais. La période déjà passée en détention policière et en détention préventive sera déduite de leur peine. Tous les exhibits sont confisqués, à l’exception des drogues, qui seront conservées pour être produites dans une autre affaire.

En conclusion, la Cour rappelle que la lutte contre le trafic de drogue organisé ne peut se limiter à poursuivre ceux qui exécutent les ordres. Elle doit aussi permettre d’identifier et de traduire en justice ceux qui planifient, financent et dirigent ces opérations. C’est dans cet esprit que la coopération des deux accusés a été considérée comme un élément central dans la détermination de leur peine.