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Shane: Le 19/05/2026 à 20:30 | MAJ à 19/05/2026 à 16:54
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Publié : Le 19/05/2026 à 20:30 | MAJ à 19/05/2026 à 16:54
Par : La Redaction

Louis Bryan Dilann Bongtemps condamné à  11 ans de servitude pénale et une amende de Rs 50,000 après que ce dernier a plaidé coupable à possession de 115,5 grammes d’héroïne avec intention de distribution et trafic aggravé.

Dans un jugement rendu ce 19 mai 2026 par la Cour suprême de Maurice, le juge M.S. Manrakhan a condamné Louis Bryan Dilann Bongtemps à 11 ans de servitude pénale et à une amende de Rs 50,000 après que ce dernier a plaidé coupable à une accusation de possession de 115,5 grammes d’héroïne en vue de la distribution, avec circonstance aggravante de trafic de drogue.  

Mais au-delà de la condamnation elle-même, ce jugement retient particulièrement l’attention par l’analyse approfondie du tribunal concernant la collaboration de l’accusé avec la police et la dénonciation du fournisseur présumé de drogue, élément qui a lourdement pesé dans la réduction de sa peine.

Les faits remontent au 4 juin 2020. Ce soir-là, vers 23h30, la police avait intercepté Bongtemps à la rue Raoul Rivet, à Port-Louis, alors qu’il transportait un sac contenant de l’héroïne d’une valeur estimée à Rs 1,732 million. Dès son arrestation, l’accusé avait déclaré aux enquêteurs que la drogue venait d’un certain “Ronny” qui lui avait demandé d’effectuer une livraison.  

Selon le jugement, Bongtemps ne s’est pas contenté de donner un nom. Il a également conduit les policiers jusqu’à Cassis où le suspect a pu être retrouvé et arrêté.  

Le juge Manrakhan souligne d’ailleurs qu’une autre opération de l’ADSU avait été menée simultanément la même nuit, menant à l’arrestation d’un autre individu nommé Rigobert, lui aussi trouvé en possession d’héroïne provenant du même fournisseur. Toutefois, contrairement à Bongtemps, Rigobert avait refusé de révéler l’identité de “Ronny”.  

C’est précisément cette différence de comportement qui a été au centre de l’analyse du tribunal.

Le jugement insiste sur le fait que la coopération de Bongtemps a été “immédiate, spontanée et concrète”. Le juge estime que cette assistance a permis non seulement l’identification du fournisseur mais également son arrestation rapide, ce qui correspond pleinement à l’esprit de l’article 43(2) de la Dangerous Drugs Act.  

Cette disposition légale prévoit qu’une réduction de peine peut être accordée lorsqu’un accusé facilite l’identification ou l’arrestation d’autres personnes impliquées dans un réseau de trafic de drogue.  

Dans son analyse, le juge Manrakhan affirme clairement que le Parlement a voulu encourager ce type de collaboration afin d’aider les autorités à démanteler les réseaux criminels “plus haut dans la chaîne de distribution”.  

Le tribunal note également que cette coopération n’était pas motivée par une stratégie tardive de défense après le début du procès, mais qu’elle est intervenue “au tout début de l’enquête”.  

Autre élément important du jugement : le juge reconnaît explicitement que sans l’intervention de Bongtemps, le fournisseur présumé aurait probablement échappé à la police cette nuit-là.  

Malgré ces circonstances atténuantes, la Cour rappelle néanmoins la gravité du trafic d’héroïne à Maurice. Le juge évoque “les conséquences dévastatrices” de ce fléau sur la société et insiste sur la nécessité pour les tribunaux d’imposer des peines dissuasives.  

Le tribunal a également pris en considération la situation personnelle de l’accusé. Aujourd’hui âgé de 32 ans, Bongtemps est marié et père de deux enfants. Il est présenté comme le seul soutien financier de sa famille. Le jugement mentionne aussi une précédente condamnation non liée à la drogue pour agression en 2018, qui avait donné lieu à une libération conditionnelle.  

Dans ses conclusions, le juge Manrakhan estime que “des circonstances substantielles atténuantes” justifient une réduction importante de la peine en raison de l’aide apportée aux autorités.  

Ainsi, alors que la loi prévoit des sanctions extrêmement sévères pouvant aller jusqu’à 60 ans de servitude pénale dans des affaires de trafic aggravé, la Cour a finalement condamné Bongtemps à 11 ans de prison.  

La poursuit était représentée par Y. Mohundin, Principal State Counsel, tandis que la défense était assurée par S. Hussenbocus.