Une enquête financière de grande ampleur, menée par la Financial Crimes Commission (FCC) à Maurice, met en cause une management company incorporée localement, soupçonnée d’avoir été utilisée dans un schéma de blanchiment de fonds liés au Venezuela.
Le dossier porte sur une somme de 3,5 millions d’euros, déposée dans une banque mauricienne et placée sous “attachment order” par la justice mauricienne depuis plusieurs mois. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’argent proviendrait d’une fraude commise au préjudice d’une compagnie pétrolière basée au Venezuela, dans un contexte plus large de détournements de fonds publics.
La FCC mène cette enquête en étroite collaboration avec les autorités américaines, dans le cadre de la coopération internationale en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et les crimes financiers.
Une enquête déjà en cours depuis plusieurs mois
Il est important de préciser que l’enquête ouverte à Maurice n’est pas récente. Le dossier est instruit depuis plusieurs mois, et les fonds concernés étaient déjà sous contrôle judiciaire bien avant les développements récents sur la scène internationale. La société mauricienne mise en cause aurait servi de structure de gestion et de transit des fonds, soulevant de sérieuses interrogations sur le respect des règles de conformité et de diligence requises.
Face à la gravité des faits allégués, la Financial Services Commission (FSC) est intervenue en suspendant la licence de la management company concernée, invoquant de graves manquements aux obligations réglementaires, notamment en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et de connaissance du client (KYC).
Une affaire à dimension internationale
Cette enquête s’inscrit dans un contexte international marqué par de multiples procédures visant des réseaux financiers liés à l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro et à son entourage. Les autorités mauriciennes affirment leur volonté de préserver l’intégrité du centre financier et d’empêcher toute utilisation abusive des structures locales à des fins illicites.
À noter que les autorités suisses ont récemment annoncé le gel de tous les avoirs liés à Nicolás Maduro et à ses proches, une mesure préventive visant à empêcher le transfert de fonds potentiellement acquis de manière illicite hors de Suisse.
Bien que distincte et indépendante, cette décision intervient dans le même climat international de vigilance accrue contre la corruption et le blanchiment d’argent, dans lequel s’inscrit également l’enquête menée à Maurice.