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Keshinee: Le 30/05/2026 à 09:42 | MAJ à 30/05/2026 à 09:50
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L’Oiseau du Paradis
Publié : Le 30/05/2026 à 09:42 | MAJ à 30/05/2026 à 09:50
Par : Dooshina Appigadu

La Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Joe Lesjongard, portait sur la situation des centres résidentiels pour mineurs. Au cœur des préoccupations : le Shelter Cap L’Espoir, confronté à une série de crises qui ont poussé le gouvernement à mettre sur pied un comité interministériel de haut niveau.

Dans sa réponse, la Deputy Prime Minister et ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être familial, Arianne Navarre-Marie, a indiqué que 34 plaintes policières ont été enregistrées depuis décembre 2024, que des mineurs ont été testés positifs au cannabis, que six caregivers ont été suspendus et que l’établissement fait face à un manque chronique de personnel.

À ce jour, sept institutions résidentielles sont officiellement enregistrées auprès du ministère, auxquelles s’ajoute une structure gérée par le National Children’s Council (NCC).

Le seul établissement gouvernemental pour garçons, le Residential Care Institution Cap L’Espoir, affiche actuellement un taux d’occupation de 80 %, avec 24 pensionnaires pour une capacité maximale de 30 places.

La situation se serait particulièrement dégradée au cours des derniers mois. La ministre Navarre-Marie est revenue sur un incident survenu le 1er juin 2025, lorsque trois mineurs avaient quitté l’établissement avant d’être retrouvés puis ramenés au centre. Présentant des signes inquiétants, ils avaient été transportés à l’hôpital SSRN où des tests rapides avaient révélé que deux d’entre eux avaient consommé du cannabis.

Face à la gravité des faits, une enquête interne a été ouverte et six caregivers présents lors des événements ont été suspendus.

Selon la ministre, les problèmes rencontrés à Cap L’Espoir ne datent pas d’hier. Elle a affirmé que l’établissement souffre depuis longtemps de dysfonctionnements structurels que les précédentes administrations n’auraient pas réussi à corriger.

Depuis sa réouverture en décembre 2025, plusieurs incidents ont été signalés, aggravés par un manque persistant de personnel qui compromettrait la supervision et la sécurité des jeunes.

Des psychologues du ministère ont été mobilisés pour assurer un accompagnement spécialisé, tandis qu’une présence policière permanente a été instaurée.

Face à l’ampleur des difficultés, le gouvernement a créé un comité interministériel coprésidé par l’Attorney General et la ministre Arianne Navarre-Marie. Ce comité réunit notamment des représentants de la police, du bureau du Directeur des poursuites publiques, du ministère de l’Éducation, du Prime Minister’s Office ainsi que l’Ombudsperson for Children.

Quatre réunions ont déjà eu lieu.

Parmi les constats majeurs figure la nécessité urgente de créer une structure distincte pour les enfants présentant de graves troubles comportementaux, afin d’éviter leur prise en charge dans les mêmes circuits que les mineurs en conflit avec la loi.

Un rapport intérimaire doit prochainement être soumis au gouvernement.

La ministre Navarre-Marie a également dénoncé ce qu’elle qualifie de « comportement de clan » parmi certains caregivers, accusés de manipuler des enfants et d’alimenter des comportements perturbateurs au sein du centre.

Plus grave encore, elle a affirmé que « la majorité du personnel de cette institution possède des affiliations politiques qui compromettent sérieusement son bon fonctionnement ».

Une déclaration particulièrement forte qui pourrait raviver les tensions politiques autour de la gestion de Cap L’Espoir.

Le gouvernement cherche depuis plusieurs mois à transférer la gestion de Cap L’Espoir à une organisation non gouvernementale (ONG).

Mais jusqu’ici, aucun appel à manifestation d’intérêt n’a suscité de candidature. Une nouvelle procédure a été lancée le 12 mai dernier et restera ouverte jusqu’au 12 juin.

Reste à savoir si, cette fois, une ONG acceptera de relever le défi d’un établissement devenu l’un des dossiers les plus sensibles de la protection de l’enfance à Maurice.