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Sahil Jeemon: Le 03/04/2026 à 14:30 | MAJ à 03/04/2026 à 14:40
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Publié : Le 03/04/2026 à 14:30 | MAJ à 03/04/2026 à 14:40
Par : Dooshina Appigadu

La situation des animaux errants à Maurice atteint un niveau critique. Dans une lettre adressée au Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, le 30 mars 2026, l’International Animal Coalition (IAWPC) tire la sonnette d’alarme et évoque une véritable « urgence nationale » face à la prolifération incontrôlée des chiens et des chats abandonnés.

Représentant 83 organisations à travers le monde, l’IAWPC rappelle son engagement de longue date dans le pays. Dès 2010, elle avait proposé de remplacer les méthodes jugées inhumaines de capture et d’abattage par un programme national de gestion éthique et durable des chiens errants. Mais ce projet n’a jamais abouti.

En 2021, une avancée semblait pourtant se dessiner. Le gouvernement de l’époque annonçait la fin du « catch and kill » et ouvrait la porte à une collaboration avec le Worldwide Veterinary Service (WVS), organisation reconnue pour son expertise en stérilisation de masse et en gestion humaine des populations canines. Là encore, le projet est resté lettre morte, en raison de décisions internes au Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW), qualifiées aujourd’hui d’« illogiques et discutables ».

Cinq ans plus tard, le constat est sévère : la situation n’a guère évolué. Selon l’IAWPC, le pays est revenu « à la case départ », alors qu’il aurait pu, à ce stade, être proche d’une résolution durable du problème. Au-delà de la souffrance animale — abandon, malnutrition, abus et empoisonnements — la crise pose désormais un enjeu de sécurité publique, avec une hausse des accidents impliquant des animaux errants. Elle pourrait également nuire à l’image touristique de Maurice.

Face à cette situation, la population se mobilise. Des citoyens descendent dans la rue pour réclamer des mesures plus fortes et un soutien international immédiat. Les ressources locales, elles, sont débordées.

Le gouvernement a récemment annoncé la mise en place d’une Task Force nationale pour la gestion des animaux errants. Celle-ci devrait réunir les différentes parties prenantes et explorer des solutions éthiques et durables, en s’inspirant notamment des modèles réussis au Bhoutan, aux Pays-Bas ou encore au Canada.

Si cette initiative est saluée, l’IAWPC estime néanmoins que Maurice ne dispose pas, à elle seule, des compétences nécessaires pour mener à bien un programme efficace. Le manque de vétérinaires formés à la stérilisation de masse constitue notamment un obstacle majeur.

L’organisation insiste : seule une collaboration avec des experts internationaux permettra de contrôler durablement la surpopulation animale. Elle se dit prête, aux côtés du Worldwide Veterinary Service, à engager des discussions avec le gouvernement mauricien pour mettre en place une stratégie globale et coordonnée.

Un appel pressant, alors que la crise ne cesse de s’aggraver.