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Yudhisen Mardaymootoo: Le 31/07/2026 à 08:43 | MAJ à 31/07/2026 à 08:45
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Publié : Le 31/07/2026 à 08:43 | MAJ à 31/07/2026 à 08:45

Les Mauriciens vivant ou travaillant à l’étranger devront satisfaire à de nouvelles conditions de résidence pour bénéficier de la State Age Pension (SAP) à compter du 1er janvier 2027. Si le gouvernement affirme vouloir garantir une redistribution plus équitable des fonds publics, il reconnaît ne pas être en mesure, à ce stade, de déterminer combien de membres de la diaspora pourraient perdre leur éligibilité.

La réforme de la pension de vieillesse pourrait avoir des conséquences importantes pour les Mauriciens établis à l’étranger. À partir du 1er janvier 2027, la State Age Pension (SAP) remplacera la Basic Retirement Pension (BRP) et sera assortie de nouveaux critères de résidence.

Le sujet a été soulevé à l’Assemblée nationale par le député Chetan Baboolall. Il souhaitait connaître le nombre estimé de citoyens mauriciens vivant ou travaillant à l’étranger qui risqueraient de ne plus pouvoir prétendre à cette pension avec l’entrée en vigueur du nouveau dispositif.

Quinze années de résidence après 40 ans

Selon les amendements apportés au Finance Bill 2026, toute personne présentant une nouvelle demande devra avoir résidé à Maurice pendant une période cumulée d’au moins 15 ans depuis l’âge de 40 ans.

Elle devra également justifier d’une présence totale d’au moins 12 mois à Maurice au cours des trois années précédant sa demande de pension.

Ces dispositions diffèrent du système actuel. Jusqu’ici, un citoyen mauricien âgé de moins de 70 ans et vivant ou travaillant à l’étranger pouvait bénéficier de la Basic Retirement Pension s’il avait résidé à Maurice pendant au moins 12 années cumulées depuis l’âge de 18 ans. Cette condition cessait de s’appliquer lorsqu’il atteignait 70 ans.

La réforme modifie donc à la fois la période de référence et les exigences de résidence récente. Elle pourrait notamment concerner les Mauriciens ayant quitté les pays relativement jeunes et ayant effectué l’essentiel de leur carrière professionnelle à l’étranger.

Une réforme justifiée par l’utilisation des fonds publics

Le Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, a rappelé que la State Age Pension, tout comme l’actuelle Basic Retirement Pension, est une prestation non contributive entièrement financée par les fonds publics.

Selon lui, les nouveaux critères permettront de redistribuer ces ressources de manière plus équitable. Le gouvernement souhaite ainsi privilégier les personnes ayant participé, durant leur vie active, au développement économique et social du pays ainsi qu’au financement de son système fiscal.

L’objectif affiché est d’éviter que des personnes ayant travaillé à l’étranger pendant la majeure partie de leur vie ne reviennent à Maurice uniquement au moment de leur retraite afin de bénéficier de la pension publique.

Les bénéficiaires actuels ne seront pas affectés

Le gouvernement se veut toutefois rassurant envers les pensionnés déjà bénéficiaires de la Basic Retirement Pension. Les nouvelles conditions ne s’appliqueront pas rétroactivement.

Les personnes qui perçoivent déjà leur pension selon les critères actuels continueront donc à la recevoir. Le nouveau régime concernera uniquement les demandes déposées à partir du 1er janvier 2027.

Une ampleur encore impossible à chiffrer

Malgré les préoccupations exprimées au sujet de la diaspora, aucun chiffre précis n’a pu être communiqué sur le nombre de Mauriciens qui pourraient devenir inéligibles.

Le gouvernement explique que l’éligibilité ne pourra être déterminée qu’au moment du dépôt de chaque demande, après vérification du parcours de résidence du demandeur.

L’absence d’estimation laisse ainsi planer une incertitude sur l’ampleur réelle de la réforme. Elle pourrait néanmoins toucher une partie significative de la diaspora, notamment les citoyens ayant vécu plusieurs décennies à l’étranger, ceux qui ne totalisent pas 15 années de résidence à Maurice après l’âge de 40 ans ou ceux qui n’auront pas séjourné au pays pendant au moins 12 mois au cours des trois années précédant leur demande.