Depuis les hauteurs de Kfarchouba, village frontalier accroché à flanc de colline, le maire Kassem Kaderi scrute l’horizon. En contrebas, les localités voisines ne sont plus que ruines fumantes. « À l’œil nu, on distingue l’ampleur des destructions », constate-t-il, amer.
Habituée aux incursions répétées, la commune a déjà subi plusieurs offensives israéliennes. Cette fois, toutefois, pas question de fuir. Avec près de 350 habitants, l’édile affirme un choix assumé : rester coûte que coûte. Selon lui, des mouvements militaires se rapprochent dangereusement. « Si nous partons, il ne restera plus rien du village », prévient-il, convaincu que l’abandon signerait sa disparition.
Kfarchouba se situe en effet dans une zone que les autorités israéliennes convoitent. Même inquiétude à Rmeich, autre localité sous pression, aujourd’hui encerclée. Sur place, la tension est permanente. « Les drones bourdonnent, les avions survolent, les frappes se rapprochent », décrit le prêtre Nagib Amil. L’incertitude ronge les habitants : « Nous vivons dans la peur. L’avenir est flou : resterons-nous libanais ou passerons-nous sous contrôle israélien ? Personne ne peut le dire. »
Face à cette menace, le ton se durcit. Pour Kassem Kaderi, une nouvelle occupation pourrait déclencher une riposte locale. « Si la communauté internationale ne fixe pas de limites, les habitants prendront les armes pour se défendre », avertit-il.
Un argument qu’il appuie sur le droit international, évoquant une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies reconnaissant la légitimité de la lutte armée contre une puissance occupante.