Soixante-deux suicides en seulement cinq mois. C'est le constat préoccupant dressé par les dernières statistiques de la police. Entre janvier et mai 2026, 62 personnes ont mis fin à leurs jours, contre 46 durant la même période en 2025 et 41 en 2024. Parmi les victimes figurent quatre mineurs, signe que le phénomène touche des personnes de plus en plus jeunes. Face à cette hausse, les spécialistes s'interrogent : comment enrayer cette tendance avant qu'elle ne s'aggrave davantage ?
Pour Sheila Cheekhoory, présidente de Befrienders Mauritius, cette hausse est bien réelle. L'association reçoit aujourd'hui entre 400 et 500 appels par mois et constate un rajeunissement inquiétant des personnes en détresse.
Elle rappelle que Befrienders Mauritius propose gratuitement un service d'écoute, par téléphone ou en face-à-face, et peut orienter les personnes en difficulté vers des psychologues.
La psychothérapeute sociale Virginie Saramandif souligne que les facteurs de risque sont multiples : difficultés financières, conflits familiaux, isolement, dépression, addictions, mais aussi stress au travail, burn-out ou perte d'emploi.
Elle insiste sur l'importance de ne jamais laisser seule une personne en danger et de faire appel rapidement aux professionnels de la santé mentale ou aux services d'urgence.
Les chiffres montrent que le phénomène continue de progresser à Maurice. Après 89 suicides en 2024, le pays en a enregistré 135 en 2025. Les 62 cas recensés en cinq mois cette année rappellent que la prévention et l'accès aux soins en santé mentale restent plus que jamais essentiels.