Le système carcéral mauricien fait face à une pression croissante. C’est le constat dressé par la National Human Rights Commission (NHRC) dans son rapport 2025. L’institution pointe du doigt des infrastructures vieillissantes, marquées par des insuffisances en matière de ventilation, d’éclairage, de gestion thermique et de conditions sanitaires. À ces défaillances s’ajoute la surpopulation carcérale, qui accentue la dégradation des conditions de détention.
Le rapport souligne également des inégalités persistantes entre établissements, notamment en ce qui concerne l’accès à l’hygiène, à l’eau potable et à des espaces adaptés. La Commission appelle ainsi à une approche globale pour répondre à ces défis structurels.
Sur le plan des plaintes, la NHRC fait état de 237 cas recensés, dont près de 70 % ont été traités, tandis que 72 dossiers restent en suspens. Autre point préoccupant : le taux de récidive, qui peut atteindre jusqu’à 70 %, révélant les limites actuelles du système de réinsertion.
Najah Ahmed, Deputy Chairperson de la NHRC (NPMD), indique que plus de 140 visites ont été effectuées en 2025 dans les prisons, postes de police et centres de détention. Elle précise que plusieurs plaintes ont été enregistrées, dont plus de la moitié ont pu être résolues.
Elle reconnaît toutefois que des efforts restent à fournir en 2026 pour traiter les dossiers encore en attente.
Najah Ahmed met également en avant des problématiques persistantes telles que la détention provisoire prolongée et la santé mentale des détenus. Elle évoque par ailleurs la mise en place d’un programme de formation aux droits humains destiné aux prisonniers.
Du côté de l’administration pénitentiaire, le constat est partagé. Face à ces défis, la motivation des équipes apparaît comme un levier essentiel, souligne le commissaire des prisons, Rahid Ali Beekun.
Au final, un consensus se dégage entre la Commission et l’administration pénitentiaire, toute réforme du système carcéral devra être pensée dans une approche à la fois humaine et durable.