Le ministre de l’Énergie et des Services publics, Patrick Assirvaden, a expliqué au Parlement que la révision des tarifs de l’électricité s’inscrit dans un contexte international marqué par une forte instabilité des marchés énergétiques. Il répondait à une question du député Kaviraj Rookny à l’Assemblée nationale. Cette situation découle principalement de la flambée des prix des produits pétroliers, elle-même alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les perturbations des routes maritimes.
Le ministre Patrick Assirvaden a souligné que Maurice, fortement dépendante des importations de carburant, subit directement ces hausses. Le fioul lourd, principal combustible utilisé pour la production d’électricité, illustre cette pression. Chaque cargaison de 33 500 tonnes entraîne désormais un surcoût d’environ Rs 489 millions, soit une augmentation moyenne de 68 %. Ce produit représente près de 40 % de la production électrique nationale.
Au total, l’organisme public chargé de l’électricité doit absorber un surcoût annuel estimé à Rs 4,8 milliards, dans un contexte de finances déjà fragilisées. Les réserves, qui atteignaient environ Rs 7 milliards en 2022, se sont transformées en déficit, avec une situation négative de Rs 5,9 milliards au 31 décembre 2024. La dette totale s’élève désormais à Rs 9,3 milliards, dont Rs 5,2 milliards de découvert bancaire.
Dans ces conditions, une absorption totale des coûts aurait aggravé la situation financière du Central Electricity Board (CEB). La révision tarifaire vise donc à stabiliser l’organisme, même si elle ne couvre pas l’ensemble des dépenses supplémentaires. La hausse prévue à partir du 1er mai 2026 devrait générer environ Rs 3 milliards, contre un surcoût réel de Rs 4,8 milliards.
Autrement dit, si l’intégralité de la hausse du fioul lourd avait été répercutée sur les consommateurs, le tarif de l’électricité aurait dû augmenter d’environ 25 %.
Le gouvernement affirme avoir privilégié une approche progressive afin de limiter l’impact social. Environ 120 000 clients et 8 000 bénéficiaires de kits photovoltaïques sont protégés, représentant près d’un quart des abonnés. Les coupures pour non-paiement restent appliquées en dernier recours, avec 21 211 ménages déconnectés sur l’année écoulée après épuisement des facilités de paiement.