Près de trois détenus sur quatre reviennent en prison. Un chiffre qui interpelle et qui pose une question centrale : le système carcéral mauricien parvient-il réellement à préparer les détenus à leur réinsertion ?
En 2025, sur les 5 597 adultes condamnés admis en prison, 4 165 avaient déjà connu l’incarcération, soit un taux de récidive de 74,4 %.
Derrière ces chiffres, plusieurs acteurs pointent notamment les failles de l’accompagnement après la sortie de prison. Pour le Legal Counsel Rama Valayden et l’ancien commissaire des prisons Dev Jokhoo, le suivi des anciens détenus reste insuffisant et devrait être renforcé pour éviter qu’ils ne retombent dans la délinquance.
Du côté des ONG, Saoud Muthy, psychothérapeute et Liaison Executive de Ki Nouété, affirme que des programmes de réhabilitation sont déjà menés auprès des détenus. Mais les moyens restent limités et ne permettent pas de toucher l’ensemble de la population carcérale. Autre difficulté : les détenus purgeant de courtes peines ont souvent peu de temps pour être intégrés à ces programmes.
Alors, entre réhabilitation en prison et accompagnement après la libération, que faut-il changer pour briser le cycle de la récidive ?
Pour le Senior Counsel Rama Valayden, les efforts entrepris pour préparer les détenus à leur retour dans la société restent insuffisants. Il estime qu’au-delà de la détention, un véritable programme à caractère social doit accompagner les détenus afin de leur donner de meilleures chances de repartir sur de nouvelles bases.
Même constat du côté de l’ancien commissaire des prisons Dev Jokhoo. Selon lui, si la prison demeure avant tout un lieu où une sentence doit être exécutée, la réinsertion ne peut s’arrêter aux portes de l’établissement pénitentiaire.
Sur le terrain, les ONG tentent également de combler une partie de ce vide. Saoud Muthy, psychothérapeute et Liaison Executive de Ki Nouété, explique que des actions de réhabilitation sont déjà menées en milieu carcéral. Mais faute de ressources suffisantes, il reste difficile de toucher tous les détenus.