Aller au contenu principal
Accueil
Keshinee: Le 12/08/2026 à 08:03 | MAJ à 12/08/2026 à 08:08
Main picture
Publié : Le 12/08/2026 à 08:03 | MAJ à 12/08/2026 à 08:08
Par : Dooshina Appigadu

Le statu quo ou un nouveau tour de vis ? La Banque de Maurice devra trancher ce mercredi sur le niveau du taux directeur. Une décision très attendue alors que l’inflation reste sous surveillance, que la roupie demeure vulnérable et que la croissance montre des signes d’essoufflement.

Pour le Monetary Policy Commitee (MPC), l’équation est délicate : combattre la hausse des prix sans freiner davantage l’économie.

Lors de sa précédente réunion, le 20 mai, les sept membres présents du MPC avaient décidé à l’unanimité de relever le taux directeur de 25 points de base, de 4,50 à 4,75 %. La Banque de Maurice avait alors estimé que les risques liés à l’inflation étaient devenus plus importants, notamment en raison des prix de l’énergie, des coûts du fret et des pressions susceptibles d’alimenter l’inflation importée.

Près de trois mois plus tard, les derniers chiffres donnent toutefois des signaux contrastés.

En juillet, l’inflation moyenne sur douze mois s’est établie à 4 %, contre 4,1 % en juin. Elle reste donc à l’intérieur de la fourchette cible de 2 à 5 % de la Banque centrale.

Mais dans le même temps, l’inflation en glissement annuel a accéléré, passant de 3,7 % en juin à 4,4 % en juillet. Et certaines mesures de l’inflation sous-jacente restent élevées, signe que les tensions sur les prix ne sont pas totalement dissipées.

Face à cela, l’économie mauricienne perd de la vitesse.

La croissance n’a été que de 2 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de l’année dernière. Plus révélateur encore : une fois les effets saisonniers corrigés, l’activité s’est contractée de 0,2 % par rapport au trimestre précédent.

Le MPC doit donc éviter deux écueils.

Une nouvelle hausse du taux directeur permettrait de renforcer le signal envoyé contre l’inflation, de contribuer à ancrer les anticipations et pourrait également réduire certaines pressions sur la roupie.

Mais elle rendrait aussi le crédit plus cher pour les ménages et les entreprises, notamment pour les emprunts à taux variable, avec le risque de freiner davantage la consommation et l’investissement.

À l’inverse, maintenir le taux à 4,75 % donnerait davantage de temps pour mesurer les effets de la hausse décidée en mai, car l’impact d'un resserrement monétaire ne se transmet pas immédiatement à l’ensemble de l’économie.

La Banque de Maurice tablait jusqu’ici sur une croissance de 2,8 % et une inflation moyenne d’environ 5,5 % pour 2026, soit au-dessus de sa fourchette cible. L’évolution de ces prévisions sera donc presque aussi importante que la décision sur le taux elle-même.

Au-delà d’une hausse ou d’un statu quo, la réunion de mercredi donnera surtout une indication sur le diagnostic de la Banque centrale : considère-t-elle toujours l’inflation comme le principal risque pour l’économie, ou estime-t-elle désormais que le ralentissement de la croissance justifie davantage de prudence ?

C’est tout l’enjeu de cette nouvelle réunion du MPC.