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Yudhisen Mardaymootoo: Le 11/08/2026 à 08:22 | MAJ à 11/08/2026 à 08:23
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Publié : Le 11/08/2026 à 08:22 | MAJ à 11/08/2026 à 08:23

Tous les regards seront tournés vers la Banque de Maurice (BoM) ce mercredi. Son comité de politique monétaire se réunit pour statuer sur l’évolution du taux directeur, dans un contexte marqué par la persistance des pressions inflationnistes et les signes de ralentissement de la croissance.

Maintenir le taux directeur ou procéder à un nouveau resserrement monétaire ? C’est l’équation que devra résoudre le Monetary Policy Committee (MPC) de la Banque centrale ce mercredi 12 août.

Lors de sa dernière réunion, les sept membres présents avaient décidé à l’unanimité de relever le Key Rate de 25 points de base. Le MPC s’inquiétait notamment de la hausse des prix de l’énergie et du fret, ainsi que des pressions sur le taux de change, susceptibles d’alimenter l’inflation importée.

Depuis, le dilemme entre inflation et croissance demeure.

L’inflation annuelle moyenne s’établissait à 4,1 % en juin, tandis que l’inflation en glissement annuel était de 3,7 %. Mais l’inflation sous-jacente reste élevée, signe que les pressions sur les prix ne se limitent pas uniquement à l’énergie ou à l’alimentation.

En parallèle, l’économie mauricienne montre des signes d’essoufflement. La croissance n’a été que de 2 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de l’année dernière.

À cela s’ajoute un environnement international toujours incertain, notamment autour des prix du pétrole et du transport maritime. Un enjeu majeur pour Maurice, qui reste fortement dépendante des importations.

Lors de sa précédente réunion, la BoM avait d’ailleurs abaissé sa prévision de croissance pour 2026 à 2,8 %, tout en projetant une inflation moyenne d’environ 5,5 %, au-dessus de sa fourchette cible de 2 à 5 %.

Un nouveau relèvement du taux directeur renforcerait la lutte contre l’inflation et pourrait soutenir la roupie. Mais il pourrait aussi renchérir le crédit, alourdir le coût des emprunts à taux variable et peser davantage sur la consommation et l’investissement. À l’inverse, un statu quo donnerait davantage de temps pour mesurer les effets de la précédente hausse, tout en évitant d’accentuer le ralentissement économique.

Le MPC devra donc trancher mercredi entre maîtrise de l’inflation, soutien à la croissance et stabilité de la roupie.