Maurice figure parmi les huit pays au monde qui appliquent une taxe d’accise spécifique sur les boissons gazeuses sucrées, selon le ‘Global report on the use of sugar-sweetened beverage taxes 2025’ publié par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une reconnaissance qui place l’île dans le camp des États ayant déjà engagé une action fiscale contre la surconsommation de sucre, mais dont l’impact sanitaire reste, à ce stade, limité.
Le rapport souligne que Maurice applique une taxe d’accise sur certaines boissons sucrées, qu’elles soient importées ou produites localement. Toutefois, cette taxe est calculée sur le volume des boissons et non sur leur teneur réelle en sucre. Or, selon l’OMS, ce type de taxation est moins efficace pour inciter les consommateurs à réduire leur consommation de sucre et pour pousser les industriels à reformuler leurs produits.
Autre faiblesse pointée : toutes les catégories de boissons sucrées ne sont pas couvertes. Certaines boissons lactées sucrées et des jus échappent à la taxation, favorisant ainsi des effets de substitution.
L’OMS note également que le niveau de taxation à Maurice demeure relativement faible et ne représente qu’une part marginale du prix final payé par le consommateur. Dans ces conditions, la taxe peine à jouer pleinement son rôle dissuasif. À cela s’ajoute un autre constat : les recettes générées ne sont pas explicitement affectées à des programmes de santé publique, comme la prévention de l’obésité, du diabète ou des maladies cardiovasculaires.
À l’échelle mondiale, le rapport rappelle que les boissons sucrées constituent une source majeure de sucres libres et sont fortement associées aux maladies non transmissibles. Si 116 pays appliquent aujourd’hui une taxe sur au moins un type de boisson sucrée, seuls un quart environ ont opté pour une taxation basée sur la teneur en sucre, considérée comme la plus efficace. Pire encore, dans de nombreux pays, les boissons sucrées sont devenues plus abordables entre 2022 et 2024.