Verdict définitif et sans surprise au Tchad. La Cour suprême de Ndjamena a rejeté le pourvoi en cassation de l'ex-Premier ministre Succès Masra, confirmant ainsi sa condamnation à vingt ans de prison ferme.
L'ancien chef du gouvernement et président du parti Les Transformateurs est définitivement reconnu coupable d'association de malfaiteurs, de complicité de meurtre et de diffusion de messages de nature raciste et xénophobe. La justice lui reproche d'avoir attisé, par ses discours, les affrontements intercommunautaires sanglants qui ont débouché sur le massacre de Mandakao en mai 2025.
Pour cette audience cruciale, le pouvoir n'a pris aucun risque : un impressionnant dispositif policier et militaire encerclait la Cour suprême, barrant les accès au public et chassant les journalistes de la salle. Une démonstration de force qui renforce la colère de l'opposition.
Les proches de Succès Masra dénoncent un procès purement politique destiné à éliminer un rival gênant et réclament désormais une issue politique, via une amnistie ou une grâce présidentielle. Sur le plan juridique, les avocats de l'ancien Premier ministre n'ont plus d'autre choix que de se tourner vers les juridictions internationales.