Célébré cette année le 1er février, le Thaipoosam Cavadee rassemble, comme chaque année, des milliers de fidèles à travers l’île, dans une atmosphère empreinte de ferveur, de discipline spirituelle et de solidarité. Cette fête religieuse, dédiée au dieu Muruga, occupe une place centrale dans le calendrier religieux mauricien, témoignant de la richesse du vivre-ensemble et de la transmission des traditions ancestrales.
Moment clé de cette célébration, le jeûne de dix jours qui a débuté le 23 janvier (Kodi Ettram). Il constitue bien plus qu’une simple privation alimentaire : il s’agit d’un engagement total du corps et de l’esprit, axé sur la purification intérieure, le contrôle des pensées et le renforcement de la foi.
Au Beau-Bois Mariamen Kovil, Aya Sivaramen souligne l’importance de ce carême, qu’il qualifie de véritable sacrifice spirituel. Selon lui, le jeûne permet avant tout de maîtriser ses pensées et ses émotions, condition essentielle pour purifier le corps et l’âme avant le jour du Cavadee.
Pour Vishwanee, habitante de Montagne Ory à Moka, le Cavadee est un jeûne particulièrement strict, exigeant rigueur et abstinences.
Par ailleurs, Vishwaneeexplique que, malgré les conditions parfois éprouvantes, les fidèles accomplissent divers actes de dévotion : certains se percent la langue en signe d’offrande, d’autres portent le cavadee ou des pots de lait, marchant pieds nus jusqu’au kovil pour y verser le lait en offrande au dieu Muruga.
À Réduit, Natasha partage son expérience du jeûne. Sa journée débute par un bain rituel, suivi du nettoyage minutieux de la maison. Elle installe ensuite les divinités, récite des prières et se rend au kovil.
Au-delà des rituels et des sacrifices, le Thaipoosam Cavadee demeure à Maurice un moment de communion, où familles, voisins et communautés se rassemblent dans un esprit de respect, de partage et de solidarité, perpétuant une tradition qui continue de rythmer la vie spirituelle de l’île.