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Sahil Jeemon: Le 25/05/2026 à 12:30 | MAJ à 25/05/2026 à 12:32
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Publié : Le 25/05/2026 à 12:30 | MAJ à 25/05/2026 à 12:32

Le Maroc intensifie ses efforts pour développer le tourisme au Sahara occidental, un territoire disputé depuis près de 50 ans, suscitant de nouvelles critiques de défenseurs des droits humains et d’experts en droit international.

La ville de Dakhla, située entre le désert du Sahara et l’océan Atlantique, est désormais promue comme une destination touristique émergente. Des compagnies aériennes européennes, dont Ryanair et Transavia France, proposent aujourd’hui des vols directs depuis Madrid, Paris ou encore les îles Canaries. Les autorités marocaines ont également investi dans de nouveaux complexes hôteliers, stations balnéaires et infrastructures destinées à attirer une clientèle internationale.

Selon les données du ministère marocain du Tourisme, le nombre de visiteurs dans la région est passé de près de 490 000 en 2019 à plus de 740 000 en 2025. Cette hausse s’explique notamment par l’ouverture de nouvelles liaisons aériennes et la promotion croissante de Dakhla comme destination de sports nautiques, notamment le kitesurf.

Cependant, plusieurs organisations internationales et militants sahraouis dénoncent une stratégie politique derrière cet essor touristique. Ils estiment que la promotion du Sahara occidental comme territoire marocain contribue à normaliser l’occupation marocaine et à affaiblir les revendications indépendantistes du Front Polisario.

Le Sahara occidental est considéré par l’ONU comme un « territoire non autonome ». Ancienne colonie espagnole jusqu’en 1975, la région est au centre d’un conflit opposant le Maroc au Front Polisario, qui réclame l’indépendance du peuple sahraoui. Un cessez-le-feu négocié sous l’égide des Nations unies en 1991 prévoyait un référendum d’autodétermination, mais celui-ci n’a jamais eu lieu.

Des experts en droit international estiment également que présenter le Sahara occidental comme faisant partie intégrante du Maroc pourrait soulever des questions juridiques et éthiques, notamment concernant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et l’information donnée aux voyageurs.