La Cour suprême a infligé de lourdes peines de prison à quatre proches d’Oomar Karrimbuccus, reconnus coupables d’avoir facilité une vaste opération de trafic de drogue portant sur plus de 100 kilos d’héroïne, d’une valeur estimée à plus de Rs 1,5 milliard.
Dans son jugement rendu ce mercredi 6 mai 2026, le juge M.S. Manrakhan a estimé que les accusés avaient joué un rôle essentiel dans l’opération en fournissant du carburant, de la nourriture, de l’eau, un téléphone satellite et du matériel logistique destinés à permettre la récupération de la cargaison de drogue en haute mer près du Soudan Bank.
L’affaire remonte à octobre 2018. Après une première tentative avortée en raison du mauvais temps, Oomar Karrimbuccus et ses complices étaient repartis en mer le 26 octobre à bord d’une autre embarcation afin de récupérer la cargaison d’héroïne. Leur bateau étant tombé en panne et manquant de carburant ainsi que de vivres, les quatre accusés étaient intervenus pour leur porter assistance.
Le tribunal souligne que les preuves démontrent clairement que les accusés « agissaient de concert dans une entreprise commune ». Parmi les éléments retenus figurent la remise de Rs 40 000 pour l’achat de carburant, l’acquisition d’un téléphone satellite, ainsi que l’achat collectif de nourriture, d’eau et de bidons d’essence.
Bien qu’ils aient plaidé coupable, les accusés ont soutenu qu’ils croyaient venir en aide à Oomar Karrimbuccus qu’ils pensaient en difficulté lors d’une sortie de pêche. Une version catégoriquement rejetée par la Cour.
Dans des remarques sévères, le juge Manrakhan affirme que cette explication est « totalement invraisemblable » au regard des preuves objectives. Il relève notamment que l’organisation de l’assistance, l’achat d’un téléphone satellite, les importantes quantités de carburant acquises et les déplacements coordonnés des quatre accusés ne correspondaient nullement à une simple mission de secours en mer.
Le tribunal ajoute que les liens familiaux étroits entre les accusés et Oomar Karrimbuccus renforçaient l’inférence qu’ils connaissaient — ou étaient volontairement aveugles — à la véritable nature de l’opération.
Le juge a également insisté sur « l’extrême gravité » de cette affaire, qualifiant cette saisie parmi les dossiers de trafic de drogue « les plus sérieux » examinés par la Cour suprême.
Le tribunal a aussi tenu compte des antécédents judiciaires de plusieurs accusés. La première accusée avait déjà été condamnée pour trafic de drogue en 2008, tandis que la quatrième accusée avait été reconnue coupable de trafic d’héroïne dans une précédente affaire impliquant également son mari.
Soulignant que « le besoin de dissuasion est primordial » dans ce type de dossier, la Cour a prononcé des peines allant de 10 à 20 ans de servitude pénale.
La première accusée a été condamnée à 20 ans de prison et une amende de Rs 200 000. La deuxième accusée écope de 12 ans de servitude pénale et d’une amende de Rs 100 000. Le troisième accusé a été condamné à 10 ans de prison et la quatrième accusée à 15 ans de servitude pénale, avec également des amendes prononcées par la Cour.