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Yudhisen Mardaymootoo: Le 05/06/2026 à 17:00 | MAJ à 06/06/2026 à 08:09
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Publié : Le 05/06/2026 à 17:00 | MAJ à 06/06/2026 à 08:09

La Cour suprême de Maurice a condamné deux ressortissants étrangers à de lourdes peines de prison dans une affaire d’importation d’héroïne estimée à environ Rs 7,3 millions. Le jugement a été rendu le 5 juin 2026 par le juge M.S. Manrakhan, siégeant en division criminelle.

La première accusée, Nokuphila Mtshali, ressortissante sud-africaine, a été condamnée à 20 ans de servitude pénale et à une amende de Rs 25 000. Le second accusé, Ndubuisi Samuel Ebielonwu, ressortissant nigérian, a écopé de 18 ans de servitude pénale et d’une amende similaire de Rs 25 000. Les deux devront également payer Rs 2 000 de frais chacun.  

L’affaire remonte au 17 septembre 2019. À son arrivée à Maurice en provenance de La Réunion, Nokuphila Mtshali avait été profilée puis interceptée par les autorités. Une fouille corporelle avait permis de découvrir de l’héroïne dissimulée dans ses parties intimes. Au total, 486,3 grammes d’héroïne avaient été saisis.

Après son arrestation, l’accusée avait collaboré avec la police dans le cadre d’une opération de livraison contrôlée organisée à l’hôtel Gold Crest, à Quatre-Bornes. Cette opération avait mené, quelques jours plus tard, à l’arrestation de Ndubuisi Samuel Ebielonwu, qui avait tenté de prendre possession de la drogue. Selon les faits retenus par la Cour, celui-ci devait récupérer le colis pour le compte d’un autre individu.

Dans son analyse, le juge Manrakhan a souligné la gravité des faits, relevant que la quantité d’héroïne saisie était importante et que l’opération s’inscrivait dans un trafic organisé visant à introduire une quantité significative de drogue sur le marché mauricien. La Cour a insisté sur la nécessité d’envoyer un signal fort face au fléau des drogues dangereuses.

Le juge a aussi relevé que le mode opératoire utilisé par Nokuphila Mtshali démontrait une certaine planification et une volonté d’échapper aux contrôles. Son rôle a été décrit comme essentiel dans l’importation de la drogue. Quant à Ndubuisi Samuel Ebielonwu, la Cour a estimé qu’il constituait un maillon indispensable dans la chaîne destinée à mettre la drogue en circulation.

La Cour a toutefois tenu compte de plusieurs circonstances atténuantes. Les deux accusés ont plaidé coupable dès le départ, ont reconnu leur responsabilité et ont coopéré avec les autorités. Cette coopération a notamment permis l’arrestation d’un autre suspect. Le juge a également pris en considération leurs situations personnelles ainsi que la longue période passée en détention provisoire depuis septembre 2019.

Une remarque importante du jugement concerne précisément ce délai. Le juge a observé qu’il n’était pas clair pourquoi une affaire qualifiée de relativement simple n’avait été formellement logée qu’en mai 2024, soit près de cinq ans après les arrestations. Il a toutefois noté que la pandémie de COVID-19 pouvait constituer une explication plausible.

La Cour a ordonné que toute la période passée en détention policière et en détention provisoire soit déduite des peines prononcées. Les pièces à conviction ont été confisquées, à l’exception de la drogue, qui sera conservée pour être produite dans une affaire connexe.