À Maurice, la traite des personnes demeure une réalité préoccupante. Si le nombre de cas signalés est passé de 16 en 2024 à 11 en 2025, deux adultes ont déjà été condamnés cette année pour des infractions liées à ce crime, selon le rapport Crime, Justice and Security 2025 de Statistics Mauritius. À l'occasion de la Journée mondiale contre la traite des personnes, observée ce jeudi sous le thème « Trapped Behind the Scam », les autorités et plusieurs organisations ont organisé une campagne de sensibilisation au Victoria Urban Terminal, à Port-Louis.
Pour Anushka Virahsamy, directrice de Gender Links, il est essentiel que les travailleurs connaissent leurs droits avant d'accepter un emploi. Elle rappelle l'importance de disposer d'un contrat de travail et insiste sur le fait que la traite des êtres humains ne touche pas uniquement les femmes, mais également les hommes et les enfants.
De son côté, Mélanie Valère Cicéron, directrice de Passerelle, indique que 35 femmes victimes de la traite sont actuellement hébergées dans le refuge de l'organisation. La plupart sont originaires de Madagascar, où la précarité économique les rend particulièrement vulnérables aux réseaux d'exploitation.
Le chef inspecteur Shezaad Nazurally, de la Counter Trafficking in Persons Unit, précise que les cas recensés à Maurice concernent principalement l'exploitation par le travail forcé et l'exploitation sexuelle. Il rappelle que la traite des êtres humains constitue un crime grave, passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 20 ans d'emprisonnement.