Le gouvernement franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation économique avec la création de l’Industrial Policy Coordination Committee (IPCC). La première réunion de ce comité s’est tenue la semaine dernière. L’objectif : orienter Maurice vers une économie moins centrée sur la consommation et davantage axée sur la production.
Parmi les priorités, le comité entend accroître la production locale, réduire les importations de biens pouvant être fabriqués sur l’île et améliorer la valeur ajoutée de nos exportations. Les autorités souhaitent ainsi renforcer la base productive du pays et repositionner le secteur manufacturier sur des segments à plus forte valeur ajoutée.
Prévu au paragraphe 60 du Budget 2025/26, l’IPCC prend naissance autour de la question de la productivité du capital dans le secteur manufacturier, un secteur encore fragilisé par une adoption technologique limitée et une mauvaise allocation des investissements. En réunissant tous les acteurs clés de l’écosystème industriel, l’IPCC se positionne comme une plateforme de coordination transversale, couvrant notamment la productivité, l’investissement et les importations.
Face à des coûts de main-d’œuvre structurellement plus élevés que ceux de nombreux concurrents, Maurice n’a d’autre option que de « produire autrement », en misant sur l’automatisation, la digitalisation et l’adoption des principes de l’industrie 4.0.
Un autre pilier central de la politique industrielle est la promotion des investissements et des exportations. La connectivité, notamment portuaire et aérienne, reste un facteur déterminant de compétitivité. La question portuaire a déjà été abordée par un comité présidé par le Vice-Premier ministre Paul Bérenger, et l’IPCC veillera à intégrer pleinement la dimension industrielle, notamment en ce qui concerne les coûts logistiques.
L’accès au financement industriel demeure un défi, malgré la liquidité du système bancaire. Un sous-comité réunissant le ministère des Finances, la Banque de Maurice et les institutions financières sera chargé de proposer des solutions concrètes.
Parallèlement, le Cabinet a donné son feu vert à l’élaboration d’un nouvel Industry Act, qui sera examiné par le State Law Office après consultation de l’ensemble des parties prenantes.