Entre bataille judiciaire et transformation accélérée du secteur, l’arrivée de « Taxi by Alalila powered by Uber » continue de bousculer le paysage du transport à Maurice, à peine un mois après son lancement. Pas moins de 243 chauffeurs de taxi ont saisi la Cour suprême pour contester la légalité de la plateforme, estimant qu’elle contrevient au cadre réglementaire prévu par la Road Traffic Act.
L’affaire, entendue le 27 avril dernier devant le juge Azam Neerooa, a été renvoyée au 6 mai, sans qu’aucune injonction ne soit prononcée. Dans le même temps, plus de 550 chauffeurs se sont déjà inscrits et l’application a dépassé les 17 000 téléchargements en moins d’un mois.
Face à cette situation, le gouvernement a institué un comité ministériel réunissant Anil Bachoo, Ajay Gunness et Osman Mahomed afin d’examiner l’encadrement légal des plateformes numériques dans le secteur. Ce comité s’est d’ailleurs réuni pour la première fois mercredi dernier pour entamer ses travaux.
Sur le terrain, les avis restent partagés. Du côté des opposants, Vengidasamy Naick, président de la Northern Hotel Taxi Owners Union, dénonce une concurrence qu’il juge déloyale et craint une perte de revenus pour les chauffeurs traditionnels.
À l’inverse, Asraf Ramdin, secrétaire général de la General Taxi Owners Union, voit dans cette plateforme une opportunité de modernisation du secteur, évoquant une situation « win-win » pour les chauffeurs comme pour les usagers.
Intervenant sur ce dossier sensible, le ministre des Transports, Osman Mahomed, affirme que le gouvernement adopte une approche mesurée, en tenant compte des avis des différentes parties, tout en rappelant que l’affaire est actuellement devant la justice.
Entre innovation et contestation, le bras de fer entre taxis traditionnels et plateformes numériques ne fait que commencer.